Remue-Méninges & Remue-Ménages

  • Le burn-out: du passé simple au présent imparfait.

    Depuis quelques années le nombre de burn-out ne cesse d'augmenter. En Flandre, de 218.537 cas en 2013, on est passé à 280.000 en 2016. Roland Duchatelet (oui, l'ex-patron du Standard de Liège) pense que cette augmentation est liée à des abus sur l'assurance maladie, plus intéressante financièrement que le chômage. "La plupart des cas sont faux", lance-t-il dans la presse. Il y a peut-être d'autres facteurs.

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    Le stress est le mal du siècle selon certains. Le travail et l'employeur sont souvent montrés du doigt, associés à la pression sociale qui oblige à réussir un sans-faute dans la vie professionnelle et familiale. Mais je ne peux m'empêcher de me dire que le monde dans lequel nous vivons est plus anxiogène qu'avant. Et avec un seuil de stress élevé, franchir la barrière qui transforme le stress structurel en maladie est sans doute plus rapide. Pour user d'une comparaison pas du tout scientifique, lorsque nous sommes exposés à de nombreux allergènes dans notre environnement, notre sensibilité à un seul allergène peut se voir augmentée. Dans ce cas, on parle d'effet adjuvant. Il est facile d'imaginer un tel effet adjuvant pour le stress. D'ailleurs souvent le burn-out a des composantes multiples, dont chacune séparément ne suffit pas nécessairement à expliquer l'état du patient.

    Il est difficile de contester que nous vivons mieux qu'avant, en termes de revenus et de santé notamment. Mais en succédant à la génération dite "dorée" qui a connu le plein emploi avec une pression fiscale moindre, le sexe sans sida, le tout-à-l'égout, le jetable bon marché, l'accès "facile" à une éducation de qualité et un progrès médical amenant santé et longévité, tout en profitant de prépensions précoces et de pensions généreuses, le constat du déclassement de la génération suivante est dur à accepter dans une société qui met sur un piédestal la réussite professionnelle et économique.

    Fini l'époque où un bon diplôme donnait forcément un bon job, une bonne carrière suivie d'une bonne pension. Du moment qu'on a la santé, disait-on. Les menaces (réelles ou fictives) sur l'emploi, la santé, la sécurité et l'environnement sont relayées et débattues sous nos yeux 24 heures sur 24. Tout semble si instable. Il n'est pas impossible que la situation ait été pire ou égale dans le passé, mais le discours de crise, d'austérité, de menace à l'intégrité et à la sécurité tenu depuis les années 70 pèse comme un sac à dos remplis de pierres sur la vie de chacun. L'avenir n'est plus prometteur.

    Vient s'ajouter à ce tableau désespérant la gloutonnerie, l'incurie et la gabegie des dirigeants qui grenouillent dans les ruines de systèmes de profits personnels qui passaient inaperçu dans les époques plus riches.

    Pour peu qu'on ait eu l'idée quelque peu saugrenue de se reproduire, vient s'ajouter au présent imparfait l'angoisse d'un futur bien incertain. Quelle école, quel diplôme, quelles armes physiques, morales et intellectuelles donner à ses enfants pour leur permettre d'affronter leur avenir. Faut il en faire des brutes amorales avides de pouvoir et d'argent comme semble le suggérer l'inoxydable réussite de certains ? Ou en faire de bons petits soldats serviles moutonnant dans la masse, selon l'imagerie véhiculée par le pseudo anar de base.

    Nous entrons dans l'avenir à reculons depuis toujours ... maintenant c'est à parfois à contrecœur.

  • Pour votre sécurité, souriez sur les photos !

    sourire.jpgATTENTION, information du SPF Intérieur et de l'Union nationale des photographes professionnels.

    Comme signalé dans de nombreux médias et Internet, à partir du 16 janvier vous ne pourrez plus sourire sur vos papiers d'identités. Plus de sourire sur les photos d’identité. L’expression du visage doit désormais être neutre. Les critères appliqués sont ceux de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI).

    Mise en garde : les experts en sécurité sont formels, de nombreux faussaires se servent de vos photos Facebook pour fabriquer de faux papiers. Carte de bibliothèque, abonnement à une salle de sport, ou plus grave, permis de conduire, carte d'accès ou même port d'arme, les occasions de se servir de votre image à votre insu ne manquent pas. L'imagination des faussaires est sans limite.

    De plus en plus de contrôles d’identité sont réalisés de façon automatisée, explique Peter Grouwels, le porte-parole de la Direction Générale Institutions et Population du Service Public Fédéral Intérieur. Le respect de règles strictes, claires et identiques pour tous permet un contrôle plus aisé, ce qui est important dans la lutte contre les fraudes à l’identité. 

    Comment vous prémunir d'un vol d'identité ?

    Une solution toute simple existe. Souriez sur toutes les photos. Elles seront inutilisables pour la fabrication de faux documents et elles seront rejetées automatiquement par les systèmes de contrôles d'identité automatiques.

    Une solution belle et simple pour un monde beaucoup plus sûr et un peu plus souriant.

    Faites un copier-coller de ce texte et partagez-le autour de vous.

  • Bonne année 2017 ! - jour 31 - #31bloggingdays

    Voilà, c'est le dernier #31bloggingdays, c'est la quille ! Trente-et-un jours de billets de blogs presque sans faillir. Il me reste à vous souhaiter une merveilleuse année 2017. D'autres stars que nous aimons vont mourir, c'est évident. Ils étaient jeunes adultes quand nous étions adolescents, et la mort nous sourit à tous. Nous ne pouvons que lui sourire en retour.

    La bonne nouvelle c'est que les méchants mourront aussi en nombre.

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    Désolé pour le cliché à deux balles ci-dessus, mais il reflète bien mon sentiment en cette fin d'année.

    Il parait que 2017 est l'année du coq. Espérons que la Wallonie, dont le coq est l’emblème, redressera un peu la crête. Je ne souhaite plus grand chose en politique pour 2017, j'ai perdu mes dernières illusions en 2016. Ni la droite, ni la gauche et encore moins l’extrême droite ou la gauche n'arrivent encore à me séduire. Et quand ils me surprennent, c'est en mal. Le centre manque de personnalité (ou n'en a qu'une). Et ce n'est ni le discours idéaliste des uns ou celui, idiot, des autres qui parviendra à me convaincre. Si j'étais un couple avec la politique, je demanderais un break de quelques mois pour réfléchir. Et après, j'irais devant le juge de paix pour récupérer ma part du pognon, il me semblait qu'on avait une sorte de contrat moral.

    En 2017, je vais continuer à haïr cordialement tous les cons et les connes, en les jugeant sur leurs actes et leurs paroles. Mais je veillerai à faire abstraction de leur race, de leur origine, de leur âge, de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou politique et de leur profession sans y chercher une éventuelle causalité ou corrélation avec leur connerie. Quand on est con, on est con. Je tâcherai peut-être d'être plus patient.

    En 2017, je vais penser à mes parents, car comme les stars qu'ils sont pour moi, ils ne sont pas éternels. Avec l'âge, certains moments deviendront précieux et rares.

    En 2017, je tâcherai d'être celui avec qui Christelle, ma femme, pourra être femme, mère, fée du logis, maîtresse en sa demeure sans oublier d'être elle, tout simplement (voix niaise). En 2017, je la veux roadie et pom pom girl de tous mes projets. Je suis qu'un pauv'type, faut qu'on me tienne la main et qu'on m'encense pour chaque pas dans la bonne direction. "Good Job", comme dirait Hancock. Mais j'essaierai de lui rendre la pareille un peu plus souvent.

    En 2017, je vais regarder pousser mes enfants, en continuant le coaching en équipe avec ma femme. On les aidera à se faire une place dans ce monde en leur apprenant à se servir de leur tête et pas trop en jouant des coudes, tout en ne se laissant pas marcher sur les pieds sans entrer dans d'inutiles conflits. Vaste programme.

    En 2017 je vais encore essayer d'avancer sur mes projets musicaux. Sortir enfin mon CD et composer d'autres morceaux. J'ai quelques chouettes concert devant et mon pedalboard à finir.

    En 2017 je vais retourner cultiver le jardin de mes amitiés. A 20 ans l'amitié est un feu de broussaille indomptable qui court partout. A 30 ans, il reste une belle flambée forte qui se nourrit de tout ce qui passe à sa portée. A 40 ans passés, il reste de belles flammes et des bonnes bûches craquantes, mais il faut penser à remettre du bois régulièrement.

  • L'envie d'écrire - jour 30 - #31bloggingdays

    Voilà, avant-dernier billet de cet étrange calendrier de l’Avent des #31bloggingdays. Le challenge était d’écrire un billet par jour chaque jour du mois de décembre. J’aime les défis, et j’ai presque réussi à relever celui-ci. J’ai échoué deux fois, les jours où je n’étais pas chez moi. J’aurais dû programmer un billet la veille, mais c’est de la triche.

    Ça m’a rappelé de bons souvenirs, de l’époque où après avoir rencontré quelques blogueurs et participé à quelques modestes actions "blog" le Vif m’avait classé 33e sur les 100 blogueurs les plus "influents" de Belgique. Un classement bien vain, dont les critères me paraissaient fumeux. Mais j’avoue avoir été flatté. Ensuite les people et les politiciens ont débarqué sur "notre" Internet, avec beaucoup de popularité et très peu de contenu, la visibilité est devenue payante, et j’ai disparu des écrans radars. Et le lent déclin des blogs m’a emporté avec les autres.

    Mais cela me plaisait, de parler de tout et de rien, librement. J'en ai même profité pour toiletter un peu ce blog, comme on rangerait un coin de son grenier. J’ai relu quelques vieux billets et revu des vieilles photos. Il y a à boire et à manger, du bon et du moins bon évidemment, je ne suis ni écrivain, ni philosophe et encore moins blogueuse mode ou lifestyle. Je n’ai jamais rêvé de devenir une vraie plume, je sais que le bel écrivain devant sa machine à écrire, pipe au bec est un mythe.

    Mais j’ai fini par avoir la chance d'écrire une courte biographie pour un artiste, et j’en suis un peu fier.

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    J’aurais sans doute aimé être lu pendant ces 31 jours. Je l'ai sans doute été, mais je n'en sais rien. J'ai écrit longtemps sans guetter le trop rare commentaire. Je continue à le faire. On s'habitue aux réactions à la façon de Facebook ou de Twitter. C'est même addictif. Mais pour tout vous avouer, ça m’a fait du bien d’écrire. Simplement écrire. On finit par écrire un peu pour les autres, en guettant les réactions, en les provoquant parfois. Sur mon blog je me suis repris à penser un peu plus ce que j’écris. Je me suis senti bien plus libre. D’autant que mon blog a un titre sans équivoque : Remue-Méninges & Remue-Ménages. Il s’agit de brainstormer sur des sujets qui me passent par la tête et de raconter ce qui se passe dans et autour de ma vie. Mais l’absence de l’immédiateté et de la concision si chère à Twitter et Facebook permet d’aller au-delà de la punchline dans la réflexion, d’ajuster un argumentaire, de soupeser plus longuement une conclusion. Et puis on croise beaucoup moins d'abrutis quand on est seul (un et un seul, tout au plus).

    Évidemment le rythme un peu fou d’un billet par jour n’est pas tenable. J’ai quelquefois été à la limite de la scène de ménage, quand je ne faisais "rien" devant mon ordi au lieu de me rendre utile dans la maison. Je me souviens m’être imposé le rythme plus réaliste d’un billet par semaine minimum, trois maximum quand je bloguais régulièrement. L'exercice reste intéressant, ça aiguise la plume et le cerveau.

    Ce qui a toujours manqué à ce blog, outre un design supportable, c’est une cohérence, un objet défini, une ligne éditoriale claire. Des choses que j’ai pu développer sur mon site/blog spécialisé consacré à la guitare acoustique.

    Je pense vaguement à refaire un blog, pour donner de l’air à mon envie d’écrire. Pour parfois m'échapper de Twitter et de Facebook qui m’imposent un format. Mais ce serait sur une autre plateforme, sans publicité, avec un graphisme mieux contrôlé. À mon rythme.

    Ou alors je vais continuer à passer ici de temps en temps, poser quelques pierres de mon sac à dos pour voyager plus léger. Ce sera notre petit coin secret à nous.

  • Carnet rose : portrait "officiel" - jour 29 - #31bloggingdays

    Je profite de notre petite balade à Forestia pour déterrer cette bonne vieille rubrique de mon blog, le "carnet rose" avec les photos de la famille qui s'agrandit puis grandit. Toujours ce cliché clin d'oeil du "portrait officiel de la marmaille".

    carnet rose, famille

  • La religion, l'apathéisme et moi - jour 28 - #31bloggingdays

    Puisqu’il faut choisir son camp, je suis agnostique tendance chrétien avec un fond d’apathéisme (*), plutôt tolérant et adepte de la laïcité "à la belge". Celle-là même qui ne serait pas laïque selon certains, mais que je préfère à la laïcité "moderne" qui revêt pas mal des défauts d’une croyance autoritaire et aveugle, surtout quand elle est utilisée en paravent de l'intolérance.

    *L’apathéisme : qui considère que la question de l’existence ou de l’inexistence de divinités ne possède pas d’intérêt ni d’utilité pratique. Un exemple est la célèbre réponse du mathématicien Pierre Simon de Laplace interrogé par Napoléon sur l’absence de Dieu dans son système du monde : « Sire, je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse ».

    J’ai reçu une éducation et une scolarité où la religion avait une place, une place que je ne rejette pas. Et je suis conscient que notre construction sociale et culturelle toute entière est empreinte de principes puisés dans les religions monothéistes historiquement dominantes. Et ces principes affectent, par adhésion ou opposition, les vies et les pensées du dernier des laïcs ou du plus irréductible des mécréants, ne leur déplaise.

    Ces principes ont eu le mérite de prétendre assurer une certaine cohésion et un ordre social. Cet ordre social imparfait a bien entendu bien des défauts qui se sont reflétés notamment dans les actes des représentants des institutions religieuses, ainsi que dans les agissements ou non-agissements de ces institutions dans les événements de notre temps.

    On pourra constater que d’autres modèles d’organisation sociale construits sur des croyances, comme la finance et la politique ne font guère mieux, toujours par le biais des actes de leurs représentants.

    Finalement, au-delà de la croyance, la question porte sur le besoin d’imposer un système de cohésion sociale, de la construction plus ou moins artificielle d’un ordre social. Un ordre bien imparfait dont les problèmes ne seraient pas non plus résolus par une désorganisation anarchique. Dans tous les cas, les problèmes naissent de l’ambition personnelle, de la prise de bénéfice et de l’abus de pouvoir.

    La question de l'existence ou de la non-existence de Dieu n'est une réponse à aucun de ces problèmes.