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  • La malédiction de la recherche du champion - jour 11 - #31bloggingdays

    Déjà le jour 11 du #31bloggingdays, allez voir So fille, Mel loves travels et la fille de 1973 de ma part.

    Ce matin, sur un forum de guitariste j'ai vu repasser cette éternelle question : qui est selon vous le meilleur guitariste vivant (ou mort, selon les variantes). Cette recherche d'un champion est, en matière de musique, complètement dénuée de sens. Peut-être que le meilleur guitariste du monde est un musicien de session œuvrant dans un studio anonyme à l'insu de tous. Meilleur en quoi : en vitesse, en technique, en émotion ? 

    Historiquement le champion était la personne désignée pour représenter dans un combat une autre personne dans l'incapacité de combattre. L'incapacité de combattre était d'origine diverse : sexe, âge (trop jeune ou trop vieux), maladie ou majesté. Parfois le duel entre deux champions était choisi pour réduire les pertes en décidant la bataille par un affrontement préliminaire. Ces combats étaient précédés d'insultes et de provocations. On retrouve des traces des ces affrontements verbaux dans les haka du rugby ou par les chants de supporter et les hymnes nationaux. Le champion est choisi au travers de tournois et de championnats. 

    Les élections, dans leur conception moderne sont tout à fait dans la lignée de cette désignation du champion. Le champion est censé concentrer les votes de son camp sur sa personne pour faire face au camp adverse. Malheureusement les critères de sélection du champion s'éloignent de plus de la tâche à accomplir. Un champion de l'image et de la communication pourra se révéler un piètre gestionnaire. Un bon gestionnaire manquera d'éclat pour se faire élire.

    On célébrera l'exploit plutôt que la régularité, la vitesse plutôt que l'endurance. Qui a le plus de mérite, le sprinteur le plus rapide du monde ou l'enfant qui marche 2 heures tous les jours pour se rendre à l'école ? Ce n'est pas comparable ? Et si la compétition n'était pas la réponse à tout ?

    Quand je regarde mon frère patiemment façonner un couteau au départ d'un bloc de métal, en cherchant la perfection de la forme et du geste, je me dis qu'il ne subsiste guère d'admiration pour la personne effectuant correctement un travail.

    L'artisan, exécutant de manière répétée une partition définie avec une résultat dont la qualité échappe à la notion de performance. C'est la dévotion envers le produit final qui prime, Un produit qu'il signe parce qu'il se sent responsable de sa qualité plutôt que pour y apposer son nom.

    Les machines ont tué notre perception de la beauté du geste. Pourtant, on peut la retrouver en amont de la machine, dans la création du produit, dans la précision de sa fabrication, même industrielle. Quand ce dernier aspect disparaît, par souci d'économie, les objets et notre monde deviennent jetables. Tandis qu'on nous distrait avec d'autres champions ... d'autres records inutiles. 

    La gloutonnerie financière impose que tout doit grandir, s'élargir, s'élever. Quand une chose atteint son optimum de qualité, on rognera sur les frais de fabrication, jusqu'à en réduire la qualité.

    Pourquoi n'est-il plus envisageable d'avoir une personne faisant bien une chose, dans une quantité donnée correspondant à sa capacité et sa qualité maximum. Vivre sans investir, sans passer sa vie à creuser un trou pour jeter la terre dans le trou creusé par un autre. Se contenter de bien faire, et de faire mieux plutôt que plus, et en recevoir la reconnaissance due.

    Et si il n'y avait que des bonheurs fugaces et de grands malheurs dans la quête du champion et dans cette croissance imposée ?

  • Quand on se la raconte sur le net.

    Mon corps et ma vésicule biliaire n’étaient plus d’accord que sur un point, la rupture. Il n’y a pas de traitement médicamenteux pour ça (arrête, tu m’emmerdes avec ton jus d’herbe et ton curcuma, et tu fais perdre du temps à tout le monde) … tôt ou tard on finit par l’enlever. Le mieux c’est encore de choisir son moment avant de devoir y passer en urgence plié en quatre par la douleur. Choisir son moment c’est aussi un moyen pour ne pas peser trop sur le boulot et la famille. Par exemple une semaine comme celle-ci comportant déjà des jours de congés, en dehors des examens scolaires.

    J’ai grandi dans un milieu médical, et je suis plutôt rationnel par rapport à tout ça. Bref, si une opération n’est jamais quelque chose d’anodin et que le risque zéro n’existe pas, ce n’était pas grand-chose à mes yeux. J’en ai un peu parlé autour de moi surtout pour en savoir plus sur la vie sans vésicule.

    On se dit « tout » sur le net, alors une fois sorti d’affaire, après un lapidaire "à plus tard" il me semblait logique de poster une photo de moi « in situ » avec un bon vieux V de la victoire, que je voulais rassurant. Souvenir d’un moment « comme un autre », ou pas ?

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    Évidemment je n’étais pas à mon avantage sur la photo. Faut-il toujours l’être ? La vérité ne connaît guère de pudeur. Il ne faut jamais perdre de vue que nous voyons ce qu’on veut bien nous montrer. Le geste n’est finalement jamais gratuit. Même le vaguebooking poursuit le but de susciter des questions qui resteront souvent sans réponse.

    J’avoue avoir été surpris par le nombre de réactions inquiètes de mes amis. Pour moi, si je postais cette photo, c’est que j’allais bien. On voit tant de choses sur le net que j’étais persuadé que les gens seraient désensibilisés à force. Mais la sympathie et l’empathie vis-à-vis de personnes réelles est bien différente de ce que nous ressentons vis-à-vis du SDF/manifestant/policier/vieil homme seul/blessé/animal anonyme.

    Mais sinon, je vais bien. Les cicatrices sont très belles, mon chirurgien a bien bossé vu de l'extérieur, la douleur est acceptable (mon crédo : la douleur comme la peur sont des choses contre lesquelles il ne faut pas lutter mais qu'on apprivoise).

    Preuve s'il en est que nous ne devons jamais oublier que nous sommes les metteurs en scène de nos vies sur les réseaux sociaux. Selon notre humeur et notre tempérament nous partageons les bons moments, ou les mauvais. Nous construisons une image. Même choisir de ne pas figurer ou de nous retirer des réseaux sociaux façonne une empreinte en creux de nous-même.

    Était-ce maladroit de ma part ? Certainement. Involontaire ? Non ! Quel était mon but ?

    Il y a quelques temps, une vilaine entorse de la cheville m’avait retenu à la maison pour quelques jours, impossible de mettre des chaussures et de poser le pied à terre. Une photo de la fête d’anniversaire de mon fils avait suscité des commentaires de collègues mettant en doute le bien-fondé de mon absence pour maladie. Une entorse allait m’empêcher de me déguiser en pirate et de boiter de mon fauteuil à la table ? Cette histoire m'avait mis en rage ...

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    Depuis cette mésaventure j’ai viré TOUS mes collègues (ou presque) de mes amis Facebook, mais via-via une fuite est toujours possible. Considérant qu’une chose publiée est quasi-publique, si le système sert à charge, autant l’utiliser à décharge également pour lever le doute (et n’hésitez pas à m’envoyer le médecin contrôle). Le souci est que si la rumeur est toujours publique, le démenti respecte malheureusement strictement votre vie privée.

    Nous devons toujours garder à l’esprit ce filtre conscient que nous appliquons sur nos vies publiques. Et surtout garder cet aspect à l’esprit quand nous regardons la vie des autres. L’envie, la jalousie, le dégoût, la tristesse, l’inquiétude, l’empathie que nous ressentons sont le résultat d’une forme de manipulation. Le mot manipulation n’est pas à prendre comme une action malveillante, mais comme une forme de communication, de marketing de soi. Comment aimons-nous être perçu par les autres ? Nous jouons de notre image pour nous vendre comme fêtard, instruit, bon buveur/mangeur, penseur cynique, cinéphile, audiophile, libéral, altruiste, sportif …

    Nous nous résumons à une image, et ceux qui nous lisent n'en retiennent encore qu'une partie. N'oublions jamais que nous, nos actes et nos motivations sont des choses bien plus complexes qu'il n'y parait.

  • Prendre de l'assurance pour rouler en vélo en ville ...

    Ce billet est la suite de : Mise à disposition d'un vélo électrique par la ville de Liège

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    Ce matin, douche froide au saut du lit de la part de mon assureur. J'étais plutôt optimiste, mais pour pouvoir assurer un vélo électrique, il y une série de conditions :

    • il faut une copie de la facture d'achat,
    • pour certains assureurs, il faut un (coûteux) cadenas portant la certification ART, délivré par une fondation sise au Pays-Bas (pour consulter la liste des cadenas certifiés, c'est sur le site de www.stichtingart.nl. Ce label semble encore inconnu à la maison des cyclistes que j'ai contacté par téléphone hier en fin d'après-midi,
    • il faut être propriétaire du vélo.

    Ces conditions excluent toute possibilité de m'assurer contre le vol et la casse. Evidemment, les RC et assurances d'autres usagers me couvrent bien pour les dégâts matériels et physiques. Une chute ou un accident lors d'un déplacement domicile travail seraient couverts. Mais en cas de vol, ou en cas de chute en solo (en raison d'un défaut de la chaussée), qu'en est-il ?

    Au fait, la roue avant a une attache rapide, "non mais allo quoi", c'est pourtant un basique des recommandations antivol ?? La question a été évoquée à la maison des cyclistes, mais apparemment c'est le modèle de série qui est ainsi proposé.

    A propos du vol, je vous livre une petite anecdote vécue qui date du temps de l'ancienne gare des Guillemins.

    En sortant de la gare, je vois un voiture avec une remorque garée en double file près du bâtiment de l'ancienne poste. Un escalier sur le côté est bordé d'une petite grille en fer forgé à laquelle sont attachés de nombreux vélos, genre vieux vtt un peu pourri sans accessoires, mais aussi des vélos plus récents. Un type avec une énorme pince coupe calmement les cadenas, tandis qu'un ado attrape les vélos et les jette sur la remorque. Calme, déterminé et efficace, littéralement sous le nez d'une foule qui va et vient. Je sonne à la police, pour m'entendre dire

    • de ne surtout pas m'interposer, pour ma propre sécurité
    • que le numéro de plaque ne sert à rien
    • qu'ils n'ont pas de patrouille disponible pour l'instant, malgré le joli flag que je leur offre

    J'insiste un peu et on me répond "qu'on va voir ce qu'on peut faire", je traduis "lâche-nous, merci", pendant que les voleurs prennent la rue du plan incliné pour rejoindre l’autoroute avec une dizaine de vélos.

    Tranquille, calme et déterminé ... et en toute impunité donc. 

    Bref, je ne suis ni assuré, ni rassuré ...

    Une autre piste pour mettre mon précieux deux-roues à l'abri était le parking à vélos payant, clôturé, surveillé et sécurisé, mais il est complet depuis sa création (je me demande si son usage est audité, et si il existe des "vélos-ventouses").

    Si le but du projet est de "donner de l'assurance" aux gens pour les inciter à rouler en vélo, c'est tout de même un sérieux obstacle de savoir qu'en cas de vol, je devrai payer environ 1450 € pour un vélo qui ne m'aura jamais appartenu et ne m'appartiendra jamais. Ma première pensée a été qu'il resterait plus souvent attaché dans mon garage que sur la route ou pire, attaché quelque part, malgré le cadenas balèze. On est à l'opposée de l'objectif proposé par le projet.

    Oui, je le confesse, avoir une épée de Damoclès de 1500 euro-boules au dessus de ma tête EST un obstacle à la jouissance du vélo en ville. J'étais disposé à payer une somme mensuelle de mon côté (mettons 20-30 €) pour compenser la gratuité de la mise à disposition par une sorte de "loyer pour ma tranquillité d'esprit". Mais visiblement les gens ont 1500 € à perdre à froid, ce qui n'est pas mon cas. Pour être franc, j'hésite même à rendre le vélo, malgré mon intérêt pour le projet en général et le vélo en ville en particulier. 

    Certes, sans doute que pas mal de monde dispose de possibilités pour mettre un vélo en sécurité ou semi-sécurité sur son lieu de travail. Dans mon cas, qui implique un déplacement domicile-gare de quelques kilomètres, avant de prendre le train pour Bruxelles, je dois laisser le vélo la journée à la gare.

    A froid, il me semble que le pliant non-électrique semble la meilleure option dans ce cas de figure, puisqu'il peut être emporté dans le train puis casé au bureau, même dans les étages sans susciter de commentaires (surtout dans un Service public fédéral de ... l'environnement), mais du coup pas d'assistance électrique pour sortir de la vallée réservée aux voitures (la plupart des aménagements pour vélos ne se prolongent pas au delà de la place général Leman).

    A suivre ...

  • Mobilité : Test d'un vélo électrique mis à disposition par la ville de Liège

    Voilà, je reviens à l'instant de la séance de remise officielle d'un vélo électrique pour une période d'environ 2 mois 1/2.

    Remise en présence des autorités et de la presse, selon la formule consacrée. Un petit verre de l'amitié, faire connaissance avec les autres participants autour d'un sandwich (l'une des participantes a reconnu le guitariste que je suis, le début de la célébrité - mais nan, j'déconne).

    Nous sommes huit à recevoir les vélos aujourd'hui. 

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    J'ai échappé aux interviews des participants, avec un léger regret, j'aurais aimé exposer mes motivations que je rumine depuis une semaine et qui sont :

    • tester une alternative plus robuste que ma trottinette sur un trajet accidenté
    • pouvoir opter pour des trajets plus vallonnés, pour plus de sécurité ... (les grands axes de pénétration dans la ville, sur le plat, sont historiquement réservés aux voitures)
    • échapper aux horaires variables et aux correspondances foireuses du train Sclessin-Liège
    • lutter contre la sédentarité ausi (si si !)
    • tester la faisabilité et la viabilité de la solution vélo électrique en général et en particulier
    • suivre les questions d'environnement
    • avoir des trucs à raconter sur le blog (aussi)
    • découvrir la maison des cyclistes et le point vélo des Guillemins

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    Le vélo est un Diamond Liberty Lady super bien équipé ... 8 vitesses, freins à huile, moteur de 400 w, suspension à la selle et à la fourche avant. Il est équipé d'un cale-roue et d'un cadenas du genre balèze qui résiste(rait) à la disqueuse.

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    Nous avons droit à une petite séance de rappel du code de la route, et des conseils sur la conduite vélocipédique urbaine ...

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    Nous enfourchons les vélo pour un petit tour de chauffe sur l'esplanade devant la gare des Guillemins.

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    La sensation de l'assistance électrique est déroutante quelques instants, on a l'impression d'avoir des mollets sous stéroïdes. Chaque coup de pédale est littéralement amplifié par le vélo. Le pédalage est aisé et fluide à toutes les vitesses du coup. L'assistance électrique a plusieurs position : off - eco - tour -sport et turbo, qui permettent de doser l'assistance. L'autonomie est évidemment tributaire de la puissance demandée, du dénivelé du trajet et, malheureusement pour moi du poids de l'utilisateur.

    Ensuite, nous faisons un petit tour dans le quartier pour nous frotter (mais pas de trop près) à la circulation en ville).

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    Le maître mot est "prendre sa place pour rouler en sécurité". N'en déplaise aux automobilistes, il est déconseillé de se coller au bord de la route, au risque de se faire dépasser "à frottement dur" et de se faire prendre entre les voitures stationnées et les obstacles dépassant des trottoirs et les véhicules en mouvement. Rien de plus dangereux qu'une voiture ne faisant pas un véritable dépassement.

    La bordure instable du caniveau est un piège à éviter également. La distance de sécurité est d'environ un mètre. Et tant pis pour les impatients, un coup de klaxon n'a jamais tué personne.

    Avec mon casque et mon gilet fluo, j'ai sans doute l'air un peu ridicule, mais là aussi, le ridicule ne tue pas, les accidents si !

    Notre instructeur prend un peu le large pour laisser le peloton s'étirer et nous donner les sensations de la navigation en solo au milieu du trafic. 

    Retour à la maison des cyclistes pour la remise administrative ... signature du contrat et dernières instructions.

    Le contrat comporte quelques notions juridiques moins plaisantes, comme l'absence de responsabilité en cas d'accident et l'absence d'assurance en cas de vol ou de casse. De mon côté je pense souscrire une assurance pour ne pas devoir payer 1450 € en cas de vol du précieux deux roues.

    IMG_3010.JPGAutre bémol, au terme du test, pas de possibilité de location longue durée ou d'achat à tarif préférentiel. J'imagine que les vélos achetés par la ville iront gonfler le parc de véhicules officiels de la ville. Néanmoins, faire progresser le vélo en ville par la pratique du terrain me semble un objectif louable et suffisant pour tenter l'aventure, même si elle reste sans lendemain. Pour ma part, en effet, je ne vois pas l'achat de ce coûteux vélo comme l'alternative évidente à l'achat d'une seconde voiture. Mais peut-être que je changerai d'avis en cours de route, allez savoir. Comme je ne le perçois pas comme une alternative à une seconde voiture, je m'interroge aussi sur le cycle de vie environnemental de l'ensemble vélo, électronique et batterie.

    J'enfourche mon précieux et repars par la colline de Cointe, histoire de tester en conditions un peu plus rudes. Et bien, ça monte bien ... 13 km/h dans la montée sans se fatiguer. Les arrêts au feux rouges ne sont pas la fin du monde, ça repart tout seul, d'un coup de pédale. Arrivé à la maison, je remonte ma rue, "pour le plaisir" c'est dire.

    Contacter mon assureur pour trouver une solution, apprendre qu'il faut un certain type de cadenas, une copie de la facture d'achat ... une solution semble se profiler à suivre, mais on pédale encore un peu.

    A suivre ...

  • C'est de l'humour ... c'est raciste et sexiste, mais c'est de l'humour ...

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    Encore une agence de com qui trébuche avec une campagne sexiste, un politicien qui se prend les pieds dans le tapis avec une affirmation raciste. Le plus petit commun dénominateur entre les deux ? La pathétique ligne de défense "Relax, c'est de l'humour !".

    Racisme et sexisme ont ce point commun de se réfugier derrière d'une part, la liberté d'opinion, dont on a amplement débattu dernièrement, et d'autre part, derrière l'humour.

    L'humour cherche à faire percevoir l'absurde par l'observation du monde qui nous entoure, en attirant l'attention sur nos travers avec une certaine légèreté. 

    Avant toute chose, il convient de clarifier un point, ce que vous racontez est raciste ou sexiste (point).

    C'est précisément parce que votre propos est raciste ou sexiste qu'il était supposé être drôle et soutirer des rires francs (ou consternés), voire des cris de protestations. Ce que vous racontez imite ou caricature en décrivant ou en traitant avec férocité une situation initialement empreinte de racisme ou de sexisme.

    Inutile de nier, ce serait pire que tout. Si tenir un tel propos sous couvert d'humour ne fait pas forcément de vous une personne sexiste ou raciste, nier de bonne ou de mauvaise foi l'existence d'un problème dans votre propos montre que vous n'avez pas le recul nécessaire sur la situation que vous décrivez.

    Je ne suis pas raciste (ou sexiste), mais ...

    La question de savoir pourquoi c'est supposé être drôle est toujours intéressante, car vous devez être conscient que vous véhiculez des stéréotypes, des clichés qui alimentent le racisme et le sexisme ordinaire, celui qui n'est pas de l'humour. Celui qui fait le quotidien des personnes qui en souffrent.

     

    Je vais te raconter une blague raciste ! J'en ai une bonne, pas très sympa à propos des femmes !

    Au moins vous ne faites pas semblant de feindre ignorer que votre propos est problématique et ne pourrait ne pas être perçu comme amusant ou divertissant par tout le monde.

    Passé cette première étape d'admettre qu'un chat est un chat, il devient plus facile d'admettre que devant certains publics, dans certaines situations ou face à l'actualité il est possible qu'un tel propos puisse blesser. On agira donc en connaissance de cause. 

    On admettra également que cette indignation est parfaitement légitime, ne constitue pas une atteinte à votre liberté d'opinion et ne doit pas être balayée du revers de la main, mais assumée.

    Le sel relève les plats, mais sur une plaie ça pique !

    Rire est un excellent moyen de dénoncer et de réfléchir, tant pour le rieur que pour le narrateur. Ce n'est qu'en pratiquant cette forme de rire de manière parfaitement lucide, consciente et assumée que vous pouvez espérer réconcilier les rieurs autour de vous, y compris ceux dont vous dénoncez le manque d'auto-dérision.

    Si on se réfugie derrière le prétexte de l'humour, on occulte l'indispensable recul que le rire aurait pu amener.

    Le sel sur une plaie, ça pique, mais ça peut aider à désinfecter et cicatriser. Alors racontez des histoires racistes ou sexistes, mais au moins, assumez-les en dénonçant les clichés qu'elles véhiculent.

  • Mes 50 nuances à moi ...

    lèvres.jpgBon, tout le monde en parle ... et comme les frites, c'est sans doute ceux qui en parlent le plus qui en font le moins.

    Sans surprise l'adaptation cinématographique du roman "50 nuances de Gray" est d'un ennui mortel si on en croit les premiers spectateurs (déjà le petit côté "prévente avec embargo sur la com" n'augurait rien de bon - qu'on nous prenne pour des cons, passe encore, mais il y a la manière, comme disait Brel). Mais bon, quand on crée des grandes attentes, les gens font des prédictions auto-réalisatrices, car ils s'attendent à être déçus, donc ils le sont.

    Mais je me posais la question de savoir ce qui était érotique finalement ... 50 choses ressenties comme étant érotiques, sympa comme sujet de billet. Mais comment en décliner 50 ? Moi qui ne blogue plus guère, voilà un défi intéressant à relever.

    Pour structurer un peu, et puisque nous jouissons littéralement de nos 5 sens, pourquoi ne pas faire le tour des chose érotiques sens par sens. 

    Assez rapidement, on se rend compte que la nuance est l'aspect important, la beauté dans le détail subtil qu'on ne fait qu'effleurer avec un de ses sens.

    Evidemment, c'est éminemment personnel, ce qui attise la flamme de l'un est un étouffoir pour l'autre, parfois banal, parfois bancal, mais pour moi les choses érotiques qui me viennent à l'esprit sont :

    La vue

    • un regard intriguant
    • un jeu de transparences vestimentaires
    • un vêtement fluide qui marque furtivement les courbes d'un corps
    • une robe pull
    • la courbe d'un sein et de manière générale le délicat entrelacs des courbes d'un corps féminin 
    • une jolie bouche délicatement dessinée légèrement entrouverte
    • le bord d'un bas entraperçu sous une jupe fendue 
    • l'espace de peau délicate entre le cou et la nuque quand il n'est pas couvert par les cheveux
    • un pied galbé par une jolie chaussure
    • la lingerie quand est elle jolie

    L’ouïe

    • des musiques associées à des moments tendres
    • des musiques propices aux moments tendres
    • certains instruments de musique (par ex: le violoncelle, le oud)
    • certains timbres de voix 
    • le bruit d'une fermeture éclair
    • le glissement des vêtements sur la peau
    • le crissement des ongles sur du tissu
    • les mots tendres, les mots d'amours, les mots du désir
    • un souffle quand la respiration devient plus marquée et profonde suite à une stimulation sexuelle
    • la plupart des manifestations orales du désir et du plaisir (gémissements, soupirs ou cris)

    L'odorat

    • l'odeur des cheveux d'une fille, dans l'espace entre son cou et sa nuque
    • les odeurs d'épices 
    • certains parfums 
    • une trace de parfum dans le creux d'un poignet
    • l'odeur de l'herbe d'un sous-bois un soir d'été
    • l'odeur d'une pluie d'orage
    • une légère odeur animale sur une peau
    • une délicate haleine de champagne
    • l'odeur de draps de lits propres et frais
    • une odeur de croissants, de jus d'orange et de café après une belle nuit d'amour

    Le goût 

    • un bon repas
    • les fraises
    • le jus de tomate
    • les raisins
    • le petit goût légèrement salé de la peau
    • le chocolat avec du vin rouge
    • le champagne
    • les plats relevés d'épices 
    • le goût du baiser (surtout si les bouches sont à des températures différentes)
    • le goût d'un sexe (cf. ce conte érotique)

    Le toucher

    • le cuir
    • la main des papiers de luxe
    • les bois nobles
    • les mains et les doigts
    • les cheveux
    • la peau de manière générale
    • sentir les muscles jouer sous la peau
    • les seins 
    • les fesses 
    • le sexe 

    Voilà une idée pour la Saint Valentin, s'interroger sur ses 50 nuances à soi, pour en savoir plus et mieux se connaître pour mieux jouir de l'autre.

  • La grève des entomologistes ...

    guepe_11.jpgMalgré leur détermination, la grève au finish des entomologistes passa inaperçue et leurs revendications brandies lors de la manifestions du 18 septembre furent ignorées avec pourtant une participation de tout le secteur, avec un record de 11 personnes (8 selon la police).

    On nous écrase comme des insectes, mon secteur a le bourdon, ça me fout le cafard, commentera leur porte-parole.

    De l'avis du ministre, ces gens voient toujours le ver à moitié et se déchirent pour un pet de mouche, il conclut en ajoutant, on ne va pas changer le monde pour un battement d'aile de papillon.