Mon Avis sur tout: les parachutes dorés

DoNotDisturbIl y a une notion élémentaire qui semble échapper aux patrons mettant en balance les parachutes dorés et les primes de licenciement des employés.

Retirer 100 euros à quelqu'un qui en a 1000 ou retirer 1000 euros à quelqu'un qui en a 10.000 n'a pas du tout le même impact. Il n'y a pas de principe de proportionnalité direct.

Je pense qu'il existe une sorte de seuil que je situerais aux alentours de 4 ou 5 fois le salaire minimum garanti, qui permet d'encaisser des différences de l'ordre de 10% sans trop de douleurs. Attention, je ne parle pas de confort, de motivation au travail, ou de joie de vivre. Je parle juste de boucler son mois sans frôler la dépression en ouvrant son courrier.

Le vrai point d'achoppement, que la contre-attaque patronale ferait presque oublier, c'est que c'est surtout le manque d'adéquation entre la santé financière des entreprises et les primes versées qui est choquant.

Attention, il ne s'agit pas "que" de licenciements. Quand un gestionnaire réalise des mesures d'économies, en ce y compris des licenciements, au prix de négociations difficiles, avec pour bénéfice l'amélioration de la santé financière de son entreprise, il est logique qu'il touche une prime. Ce sont d'ailleurs des situations de ce genre qui ont amené ce principe de primes. Quand un patron partait la tête haute, auréolé du redressement douloureux de sa boite.

Mais quand un gestionnaire quitte une entreprise exsangue, parfois en délicatesse avec la justice, plus rien ne justifie cette prime. Surtout si on supprime les bonus des employés, et que les actionnaires ne reçoivent pas de dividende (ou perdent leur capital investi).

Et le fait que la responsabilité du gestionnaire soit engagée ou non, et que la mauvaise passe soit conjoncturelle (voire politique) ne fait rien à l'affaire. L'employé licencié pour raison économique n'est pas plus responsable de l'état de l'économie mondiale.

dollar


Il est nécessaire de revenir à une logique d'adhésion, d'implication des gestionnaires en les liant à la santé financière de la barque qu'ils mènent.

Pour ne plus entendre: "Qu'ils me virent, je m'en fous, pour moi ce serait une bonne affaire !"

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