Quelques conseils gratuits d'un habitué des secondes sess'

DoNotDisturb.jpgVoilà, le couperet est tombé: vous avez une seconde sess'.

Ce n'est pas la fin du monde, vous n'êtes pas refusé. D'une certaine manière, vous abordez le même obstacle avec une longueur d'avance. C'est une seconde chance, tout reste ouvert.

Dans l'immédiat, les choses qui sauvent la vie

Rangez soigneusement les cours que vous avez sans doute un peu éparpillés, faites l'inventaire de ce qui vous manque ou vous a manqué. Récupérez les cours prêtés à des amis MAINTENANT ! Pour être honnête, c'est même un peu tard ! Surtout si ils ont réussi, vous risquez de devoir courir leur après pendant une bonne partie des vacances. Personne n'a une journée à perdre pour aller récupérer ses notes dans les Ardennes (cas vécu). N'hésitez pas à vous procurer certains cours en double auprès de vos amis, on est parfois étonné des différences sur certains chapitres. Profitez-en pour faire le point sur les questions posées aux autres et leur manière d'y répondre.

Faites un débriefing sincère de votre échec !

L'échec est entièrement de votre faute. C'est horrible, mais force est de le constater, toute raison invoquée sur laquelle vous n'auriez pas de prise est un leurre et l'annonce d'un nouvel échec. Avalez cette brique maintenant et digérez la.

Pourquoi avez vous raté ? Bannissez les excuses bidon et la superstition: le prof n'aime pas le vert et j'avais un T-shirt vert, il ne m'aime pas, etc. Ce sont des invariables de l'équation, vous n'avez pas de marge de manœuvre là-dessus, trouvez autre chose (mais changez de T-shirt ou mettez une chemise).

Les raisons se trouvent vraisemblablement dans une de ces catégories:

- manque de temps: impact quantitatif (pas assez étudié, matière incomplète) ou qualitatif (étudié de manière insuffisante pour restituer de manière crédible, pas assez en détail par rapport aux exigences du prof)
- préparation inadéquate: matière non vue, non considérée comme importante, notes lacunaires
- problèmes logistiques: arrivée en retard, oubli de date, mauvaise communication des changements d'horaires ou mauvaises conditions de travail (bruit, alimentation, confort diurne et nocturne)
- problèmes physiques: fatigue, santé, abus de boisson/médicaments/drogue/sexe
- erreur de stratégie: mauvais choix de tuyaux, échec dans la tentative de jouer sur une moyenne, de passer un cours par la petite porte ou de reporter une note insuffisante de l'année
- erreur de casting: ces études ne sont pas pour vous, ne vous plaisent pas

Évidemment vous aurez peut-être des réponses différentes pour chaque examen, voire un mélange de réponses pour certains. Avec une vision tranchée de votre situation, les points d'action vous sauteront aux yeux.

Une fois ces points établis, faites une pause, une VRAIE pause.

Quelques jours off ! Pas trop longue ! Vous profiterez mieux de vos vacances sans compromettre votre réussite avec une course de fond planifiée qu'avec un sprint final de fou. La méthode "Je continue sur ma lancée" ne passera que si vous avez vraiment glandé en première session.

Profitez-en pour soigner votre train de vie: sommeil, médicaments, caféine, drogue, cigarette. Mettez de l'ordre dans votre vie: amis/voisins trop envahissants, ruptures sentimentales à consommer, oignon à peler avec la famille. Si vous souhaitez changer de kot, n'attendez pas d'être en pleine seconde session, prenez les devants.

Étudier à la maison ou au kot ? Tout le monde n'a pas le choix, d'autant que la relation de confiance est sans doute ébranlée. Faites votre choix, pour être le plus efficace possible, en tenant compte des facteurs logistiques évoqués plus haut. N'oubliez pas que vous étudiez POUR VOUS, pour votre avenir, pas juste pour avoir la paix avec vos parents. Mais si vous pensez que les tentations au kot (ou chez vos parents) sont trop fortes, vous pouvez aussi faire un choix contre votre nature et vous cloitrer chez vos parents ou un parent proche sans enfant (les grands-mères font parfois d'excellents refuges). En vous y prenant à temps vous pouvez encore changer d'option en cours de route.

Dites vous que quoiqu'il arrive, si vous ratez, vous reportez le problème dans le temps et serez confronté à d'autres obstacles.

Il vous faudra d'autres études, une formation, trouver un emploi, toutes choses qui sont également des obstacles à franchir, au même titre qu'une session d'examen. Je repense souvent à ces gens qui plaquent la rhéto, pour faire le jury central trois ans plus tard, quand ils se réveillent face à la vie.

Et plus vous serez âgés, plus vous trainerez les boulets de vos échecs avec vous. Alors si de toute façon il faut y aller, pourquoi pas maintenant ? Si vous souhaitez vous réorienter, soyez honnêtes avec vous-même ! S'agit-il d'un réel désir, d'une nécessité incontournable (question de niveau) ou d'une manière de refuser l'obstacle en sauvant (peu ou prou) ce qu'il reste de votre dignité (comme le prof m'aime pas, ça sert à rien, et je n'ai que des T-shirts verts) ?

Quand vous aurez évacué ces questionnements, vous aurez réalisé le plus dur: créer un véritable état d'esprit de Jedi, faire ou ne pas faire les choses, car il n'y a pas d'essai.

Pour la seconde session, ne vous fiez pas aux choses que vous maitrisiez pas trop mal en première session. Nouveau match, balles neuves. Revoyez tout, pour être sûr de toujours maitriser. Attachez vous aussi à la manière de répondre. Savoir et comprendre n'est qu'un peu plus de la moitié des points. Sur base de votre expérience et des informations collectées auprès de vos camarades, imaginez les questions possibles et surtout la meilleure manière d'y répondre. Un argumentaire bien construit autour de connaissances solides impressionne. Si vous devez faire des schémas, des dessins, entraînez vous ! Pour un QCM, évaluez son degré de "vacherie". Faut-il chercher le piège ou se fier à son intuition (moyennez les avis de vos amis sur la question, entre paranos et génies autoproclamés).

Ne vous étonnez pas que les grades vous échappent, parfois de peu, avec des performances égalant celle de la première session ... vous avez eu droit à une seconde chance, les profs en tiennent parfois compte, alors ne basez pas vos calculs de "moyenne pour réussir" sur d'éventuels grades dans certains cours. Il vous "faut" 14/20 et vous sortez un 13.5/20 ... Piège mortel ! Ne comptez pas là-dessus.

Rappelez-vous que la réussite des uns ne compromet pas la réussite des autres et que les "quotas" de réussite sont des effets statistiques pas des calculs de la part des profs (qui devraient passer un temps fou à ajuster l'ordre alphabétique pour que le quota ne transparaisse pas comme un remplissage itératif).

Aider quelqu'un, étudier à plusieurs, échanger notes, résumés, questions et réponses n'est donc pas une hérésie et permet souvent des échanges très structurants: expliquer les notions à quelqu'un est une bonne préparation aux questions.

Et vous, quelles ont été les injustices imaginaires dont vous avez été victime ? Quelles légendes urbaines à propos des profs avez vous servi à vos parents pour les convaincre que, malgré tous vos efforts, ce n'est pas de votre faute si vous avez échoué.

Commentaires

  • J'ai toujours eu de la chance pour la seconde sess faut croire: Je savais que j'avais bazardé le cours ou que je l'avais mal étudié ou que j'aimais pas ces études (ce dernier point a vraiment fait énormément pour ma réussite ultérieure).

    Et évidemment ma première sess était suffisament bien gérée que pour ne devoir faire que 3-4 (je crois que le maximum fut 5) examens.

    Donc pas de légende urbaine, juste la vérité crue : "Il faut bien que la seconde sess serve à quelque chose et c'est vrai que ce cours me les broute sévère".

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