18.11.2011
Je ne suis qu'un spermatozoïde à portefeuille et je la ferme !
Un homme ne peut pas avoir d'avis sur la grossesse sans faire face à une levée de bouclier. Vivant dans un couple avec un débat très ouvert sur ces questions, je suis surpris à chaque fois que je me fais tacler violemment à l'entrée du rectangle de l'équipe féminine.
Quelques idées reçues:
1. Vous ne pouvez pas comprendre !
Dans les grandes lignes, cet argument s'applique à peu près à tout. On ne peut, par définition, pas se mettre à la place d'un autre. Surtout si on enfonce le clou dans le bec mâle qui se targue d'avoir vécu une expérience similaire avec sa femme par "une femme n'est pas l'autre, une grossesse n'est pas l'autre". J'en déduis qu'étant toutes différentes, même entre femmes, vous ne pouvez pas vous comprendre. C'est le coup de sifflet du hors-jeu. Le médecin devrait être malade, le conseiller financier devrait être ruiné pour avoir le droit d'émettre un avis. Je devrais donc avoir un bébé dans mon ventre pour savoir que manger 3 magnums sur une journée est une excellente idée.
Et vous, mesdames que savez-vous de la vie de futur père ? L'attente, la promesse d'un changement de vie que l'entourage ne vous vend pas très positivement. Car si on a la délicatesse de mentir aux femmes en leur disant, la bouche en coeur "Tu verras c'est que du bonheur !", les hommes reçoivent en général de plein fouet les nouvelles peu réjouissantes pour qu'ils se "préparent". Sans oublier l'angoisse de la responsabilité qu'on leur colle sur le dos de subvenir quoiqu'il advienne aux besoins de la famille, pas de baby-blues et de mi-temps en vue pour Papa.
2. Vous avez "eu bon" de le faire, le reste vous vous en foutez !
Content d'apprendre que vous n'avez éprouvé qu'une gène passagère au moment de la conception, ce qui vous a évité de porter plainte pour viol. Si l'évolution a cru bon de soutenir des notions comme le couple et l'amour, c'est sans doute que l'homme a une quelconque utilité dans le fait d'amener les enfants à jouer leur rôle au sein de l'humanité.
Alors, si en tenant ce discours, vous éloignez l'homme de son enfant dés les premiers instants (puisqu'il ne sait pas et ne saura jamais), aidé en cela par les congés de maternité, ne vous étonnez pas si vos prédictions se réalisent. Oui, il ne se lève pas la nuit ! C'est parce que lui se lève le matin pour aller bosser dés les premières semaines de la vie de son enfant ! C'est la moindre des chose ? D'accord, disons 1-1, alors.
3. Les femmes ont un instinct que les hommes n'ont pas !
Ah, l'instinct maternel, vous savez cette chose merveilleuse gravée dans nos gènes, qui connaît les marques de langes, l'emplacement du lait en poudre au supermarché, les biberons, le micro onde et le sens de boutonnage des grenouillères depuis la nuit des temps. Beaucoup de soins d'enfants sont des procédures, même pas complexes à condition de laisser chacun se faire la main dessus.
Et vous serez étonnées d'apprendre que l'affection est innée chez le mâle aussi. Un père qui s'occupe de ses enfants connait leurs cris aussi bien qu'une mère, à condition de pouvoir vérifer ses hypothèses. (Au début, avouez le, vous aussi, vous avez "no fucking idea" de ce qui se passe, et vous tournez en rond, ce qui vous calme vous, et accessoirement le bébé). Mais si, à chaque petit souci, vous arrachez le bébé des bras de son père (pour quand même tourner en rond sans avouer ne pas savoir quoi faire), ne vous étonnez pas non plus qu'il vous file le chiard direct pour s'épargner cette humiliation de se voir souligner son incompétence après quelques minutes embarrassantes.
4. C'est MON corps, c'est MON enfant !
Ok, c'est votre corps et en général, même si il est un peu bizarre, on l'aime aussi. Mais c'est NOTRE enfant, à tous les deux ! Et il est légitime pour un père de parler de la cigarette, du red-bull, des somnifères, de l'alcool, ... et de la prise de poids. Parce que l'avenir de cet enfant le concerne, et cet avenir a déjà commencé. Et ces comportements ont un impact sur notre enfant. Maintenant, évidemment qu'il faut être conséquent et soutenir l'autre dans son effort et admettre que ces choses là sont difficiles ...
Et, désolé Mesdames, il y a des vraies études, des statistiques, des avis de gynécologues que toute votre mauvaise foi, votre colère et votre vexation ne peuvent pas balayer bas de la table. Dorénavant, je serai prudent parce que j'ai un passager fragile, il en va de même pour vous.
Et l'avis de votre meilleure amie, qui a déjà eu un enfant (ce qui en fait de facto une grande spécialiste de la question) est ce qu'il est, un avis, rien de plus - Rappel mesquin: une femme n'est pas l'autre, une grossesse n'est pas l'autre.
Ok, ok, tout ça est un peu à l'emporte-pièce, en mode sale type . Mais je suis vraiment énervé parce qu'on souhaite que les hommes soient plus impliqués, sans les laisser approcher du ballon ou participer au briefing d'avant-match.
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Commentaires
Vu de cette façon, cela fait peur en effet... Mais je persiste à dire qu'il ne faut pas mettre tout le monde ds le même sac, homme comme femme...
Un beau film à voir, un heureux événement de Rémi Bezanson, ça traite du sujet sous un angle différent, hé oui la grossesse, ce n'est pas que du bonheur...
Petite Fée...
Écrit par : Petite Fée | 18.11.2011
Bien sur, ma femme est l'exemple même de l'ouverture, et je suis l'exemple même du mec qui dit qu'il voudrait s'occuper plus des enfants mais qui carotte souvent mon tour ... je n'ai pas prétendu être parfait, loin de là, mais je revendique le droit d'avoir mon mot à dire :))
Écrit par : davanlo | 18.11.2011
Sache que pour une femme sans enfant c'est encore pire "on ne peut pas comprendre" "on ne l'a jamais vécu" "de toute façon toi, qu'est-ce que tu en sais"...
Écrit par : bri | 08.03.2012
et franchement... dans le fond je m'en fous, démerdez vous avec vos mioches et vos vergetures :)
Écrit par : bri | 08.03.2012
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