• Le baptême d'étudiant ne sert à rien ! Alors pourquoi je l'ai fait ?

    baptême, guindaille, université, Liège

    Bien sur, et quoi qu'en disent les coaches ayant pignon sur rue, les expériences personnelles ne sont d'aucune utilité aux autres, mais depuis quelques jours, je vois cette phrase fleurir partout.

    Le baptême d'étudiant ne sert à rien !

    La question s'est imposée à moi, qu'ai-je retiré de mon baptême ? 

    Tout d'abord c'est vrai ! Dans un monde utilitariste, c'est une perte de temps notable. Il vous détourne un temps de vos études. D'ailleurs pour moi, le baptême ne peut être que volontaire, et librement consenti sans pression sur le cursus hormis celle des soirées perdues et d'un temps de midi ou l'autre. 

    Il vous prive symboliquement de votre dignité et de votre liberté. Il ruinera quelques vêtements et peut-être que vos beaux cheveux d'adolescent en prendront un coup. C'est débile ! Mais on peut perdre son temps sans faire son baptême. Ce qui serait le perdre doublement. 

    C'est le principe de base d'une activité: sortir, voir des gens en faisant un "truc" ensemble, perdre du temps ensemble, prendre un pot. Je ne sais pas si j'aurais mieux réussi mes études sans le baptême. Mon isolement ne m'aurait pas aidé. Briser le cocon de l'ado que j'étais était devenu un mal nécessaire, même si je n'en suis pas devenu Papillon pour autant (private joke, cherchez pas).

    Je suis arrivé à l'unif en étant anti-baptême. Timide non-buveur et fragilisé par une intoxication contractée lors d'une soirée où des "buveurs" ont tenté de m'intoxiquer avec des médicaments ramassés sur une table de chevet (il y a des cons ailleurs que dans les comités). J'ai décidé d'aller "voir", de faire mon baptême à l'eau et de quitter si ça me plaisait pas. Car le baptême ne convient pas à tout le monde.

    Finalement, après quelques années à lustrer le poil que j'étais en compagnie de mes amis, je suis entré dans le comité de ma fac où je me suis occupé du folklore et des bleus. Et j'ai aimé ça. Pas tant pour l'autorité (toute relative) qui se limitait surtout à crier plus fort que les autres et à faire chanter la bleusaille juste et fort, mais pour la richesse des rencontres et l'intensité des situations vécues, faire partie du "tas" (qu'il soit "de bleu" ou togé) pour cette façon de prendre en charge l'animation d'un groupe, tout en assurant les aspects logistiques et sécuritaire d'une activité en groupe, un peu particulière.

    Les amitiés

    Dans la shortlist de mes meilleurs amis, la plupart ont été rencontrés pendant mes bleusailles. D'autres pendant mon passage dans le comité de baptême. Et je ne compte pas les innombrables personnes avec lesquelles j'ai été lié d'amitié pendant ma traversée de cette époque folklorique. D'autres n'ont été que des connaissances fugaces mais les liens noués sont d'une nature particulière et durable et c'est toujours un plaisir de les revoir.

    Il y a d'autres moyens de se lier que de se vautrer dans la bière et le vomi, on peut se péter les rotules dans la boue autour d'un ballon rond ou ovale (et quand même se faire chahuter parce qu'on est nouveau dans le vestiaire et dégueuler entre deux bagnoles au barbecue annuel).

    De manière anecdotique, le baptême m'a permis de rencontrer des étudiants des années suivantes, qui ont pu me filer un cours, un résumé, un tuyau. Dans ma fac, heureusement, il n'y a aucune discrimination envers les non-baptisés, ni envers les baptisés. Mais parfois connaître la bonne personne ou pouvoir mettre un visage sur un nom d'assistant est un raccourci commode.

    Connaitre son université et sa ville

    Immigré de mes cantons rédimés et "Liégeois d'adoption", le baptême m'a fait découvrir mille choses sur la ville où j'ai choisi de vivre. En goguette à gauche et à droite, avec mes amis, personnellement féru de folklore, j'ai découvert toutes cette petite histoire qui n'est pas écrite et qui rend la ville de Liège belle aux yeux de ceux qui l'aiment comme une vieille maîtresse. J'ai également découvert les recoins charmants ou intriguant de mon Université et certaines parties de son histoire sous les jupons qui feraient rougir la vieille dame. 

    Les chants et les animations

    Depuis le premier jour gueule en terre, j'ai aimé tout ce folklore bien trop discret, surtout les chants. Quand je vois l'unif aller chercher pour les proclamations des toges aux couleurs bâtardes et des bonnets carrés sans chercher du sens dans le vivier de son propre folklore, ça me peine. D'autant qu'il ne s'agirait pas d'un repli identitaire, mais d'une manière d'allier une pointe de véritable tradition avec la modernité et la solennité que l'université cherche.

    Il y a eu aussi les ordres dont j'ai eu l'honneur et la joie de faire partie ou que j'ai côtoyé et qui m'ont permis d'épancher une soif de folklore que les soirées bétail sous chapiteau  ne comblent pas toujours.

    La faute à l'absence d'une salle décente où un folklore plus construit pourrait s'épanouir, dans des activités comme une chorale folkloriques ou un musée, par exemple ?

    La boisson

    Bien sur, ce n'est pas une obligation de boire, ni de savoir-boire. On peut éviter l'alcoolisme en se déclarant ennemi de l'alcool ou en apprenant à l'apprivoiser.

    Initialement non-buveur pour "raison médicale", j'ai peu à peu repris goût à la boisson. Apprivoiser les excès de boisson dans un environnement sécurisé entouré de personnes bienveillantes permet de se connaitre et de juger de ses capacités dans les occasions bibitives. C'est le baptême et les années de guindaille qui ont suivi qui m'ont appris à choisir mon heure et mon trajet de retour, à savoir que si je sors à l'air libre je vais augmenter mon ébriété d'un cran, et qu'il vaut mieux faire une pause avant de rentrer, quitte à dormir sur place. J'ai appris que vomir c'est partir un peu, mais ne pas vomir c'est mourir beaucoup - et que tant qu'à faire, autant vomir quand on est bourré :)

    J'ai appris à soigner l'ivresse et surtout la gueule de bois. J'ai appris les signes avant-coureurs de l'alcoolisme et l'abstinence volontaire aussi (contrairement à d'autres, malheureusement).

    La bienveillance

    On est jamais à l'abri d'un accident, et il y a quelques années, j'ai pu m'estimer heureux d'avoir pu compter sur mes amis pour me rapatrier quand j'avais perdu (un peu beaucoup) le fil de ma soirée.

    Tout le monde ne l'a pas, mais en guindaille, il y a ce petit regard bienveillant les uns sur les autres qui te fera secouer un pote dans un abribus juste pour savoir si il vit toujours et si il fait une pause en attendant son bus. L'air de rien, entre gens qui ne se connaissent pas, il y a ce lien ténu de faire partie d'un même élan.

    Quand j'étais gueule en terre, je me souviens avoir pensé que si on dépassait les bornes je me levais et je partais, et rien, ni personne ne m'en aurait empêché. Et les moqueries et les brimades feintes m'ont appris que ce n'est pas le regard des autres qui compte, mais ce que je sais au plus profond de moi. On n'est à genou que si on l'est dans sa tête.

    Le baptême m'a façonné d'une certaine manière.

    Il m'a enlevé certaines raideurs (et pas que littéralement) de corps et d'esprit. Il m'a pourvu d'amitiés intenses et durables. Il m'a créé un réseau de relations (dont certaines m'ont déjà été utiles professionnellement - directement ou indirectement).

    Il m'a aidé à me sentir capable de me gérer et de gérer les autres. Il m'a donné un regard sur ma sécurité et celle des autres. Il a élargi mes mœurs alimentaires (!).

    Il m'a émancipé d'une adolescence portée en fardeau. Il m'a rendu plus riche d'une culture certes mineure, mais touchante, qui survit en glissant d'un vécu de baptisé dans l'autre en attendant d'être écrite/décrite un jour.

    Le baptême ne fait pas le bonheur, mais il a contribué au mien en faisant de moi ce que je suis, ... pour le meilleur et pour le pire.

    C'est tout ce que je peux en dire.

     

  • Pourquoi le baptême ne doit JAMAIS être obligatoire !

    Ce n'est pas surprenant que dans les cercles où la pression normative et le risque d'exclusion est grand, ce qui amène de facto à considérer le baptême comme obligatoire, le comitard ne se sente pas investi d'un devoir de garder son bleu pendant tout la période du baptême en rendant son baptême attractif et tolérable, de même que le bleu ne pourra pas user de son libre arbitre pour se soustraire à une épreuve qui dépasse les bornes ...

  • Entre2lignes: les vieux, les jeunes ...

    donotdisturb.jpgEntre les vieux qui veulent la légitime défense et les jeunes qui veulent la légitime défonce, on est bien Incertain

  • Déballage du Olloclip, une lentille 3-en-1: grand-angle, fish-eye et macro pour iPhone

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    L'Olloclip est un accessoire qui permet d'ajouter un zeste de créativité à l’appareil photo de l'iPhone. Il ajoute un objectif grand-angle, un fish-eye  et un objectif macro, dans un mouchoir de poche.

    On le glisse sur le coin de l'iPhone où se trouve la lentille de l'appareil photo, et il modifie optiquement l'image capturée.

    Il modifie vraiment l'image à la source, ce qui crée une image différente de celle captée normalement par l'iphone qui ne pourrait pas générer les informations supplémentaires présentes sur la photo.

    Le packaging est irréprochable, et dedans on trouve une pochette en tissu microfibre, deux caches en plastique pour les lentilles. La lentille macro se trouve sous le grand-angle qu'il faut dévisser ... J'avoue avoir des légers doutes sur l'authenticité de mon Olloclip (on signale de nombreuses contrefaçons, parfois grossières), mais tout semble correct: packaging, finition, lettrage et résultats obtenus.

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    Je voulais donner un peu de piment à mes photos d'iPhone, qui est l'appareil photo que je traîne partout. A priori le pari est réussi ! Le clip ne se cale pas vraiment sur l'appareil, il est ajusté, mais il faut tenir l'iPhone dans une position qui l'empêche de tomber. La gravité ou des secousses pourraient le faire tomber facilement et les lentilles en verre seraient sans doute brisées. Deux améliorations qui viennent à l'esprit seraient: un patin en silicone, et une dragonne.

    Le grand angle est l'optique la moins impressionnante, le champ couvert par la prise de vue s'élargit, avec une légère déformation.

    Je l'avais lu, mais le mode macro est impressionnant, l'optique a des vrais qualités.

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    Le Fish-eye dégrade l'image avec des artefacts, mais le résultat reste plaisant et diablement efficace... 

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    C'est un gadget, c'est clair ! Un bon gadget qui fait le boulot demandé pour réveiller un peu les photos prises avec un smartphone. Il est dans mon sac, et je n'hésiterais pas à m'en servir.

    A suivre ...

  • La modestie, c'est pour les cons.

    donotdisturb.jpgDernièrement on me faisait remarquer que le modestie c'était juste bon pour les cons.

    Peut-être que le terme humilité aurait été plus approprié. Le terme humilité est dérivé de l'humus, il s'agit à la fois d'être humble et aussi littéralement, les pieds sur terre.

    Ce n'est pas fuir la récompense ou le compliment, ou raser les murs la tête enfouie dans le bonnet, c'est surtout éviter un regard complaisant sur soi-même:

    • admettre ses limites (et ses forces)
    • faire la part entre ce qu'il reste à réaliser et ce qui est déjà réalisé
    • renoncer à la comparaison avec les autres
    • apprendre à demander de l'aide
    • avoir l'immense courage d'accepter d'être conseillé et parfois même corrigé 
    • ... et en être reconnaissant
    • avoir la volonté de trouver ce qui est appréciable chez l'autre et ne pas se contenter de l'aimer parce qu'il nous apprécie
    C'est aussi un moyen de ne pas mépriser toutes les étapes insignifiantes qui jalonnent le chemin des grandes réalisations.