• Les autoprotraits d'ados aux funérailles, choquant, really ?

    Les médias nous parlent d'un site où des ados postent des autoportraits pris avec leur smartphone lors des funérailles d'un proche. Les images n'ont rien de particulier, autoportraits d'adolescents, parfois d'adultes, les yeux rougis ou pas, habillés sobrement. C'est le contexte de la prise de vue qui semble conduire à un questionnement, voire choquer.

    Étonnamment, personne n'évoque les troublants portraits de famille post-mortem de l'ère victorienne. Une culte des morts ... que la photographie rendait accessible à la classe-moyenne qui ne pouvait s'offrir un portrait réalisé par un peintre.

    220px-Victorian_era_post-mortem_family_portrait_of_parents_with_their_deceased_daughter.jpg

    On cherche à prolonger un instant l'illusion de la vie d'un être aimé en lui témoignant son affection et la promesse de sa mémoire. On le met en scène, avec ses plus beaux habits, et les symboles de son statut socio-économique (par exemple son uniforme ou ses décorations).

    La gène que nous ressentons face à ces images est moderne. Elles étaient perçues comme belles (et réalisées avec soin) et emplie d'une tendresse vis-à-vis du défunt. Elles jouaient un rôle de mémoire dans un monde où la mort était plus fréquente et souvent inattendue (on mourrait d'une simple maladie qui de nos jours est traitée de quelques antibiotiques et de trois jours de repos).  

    Postmortem_man.jpg

    De nos jours, la mort s'est (un peu) éloignée de nous et nous l'avons éloignée de nos yeux.

    Dans un monde où on documente tout avec son téléphone, depuis les moments heureux jusqu'au accidents tragiques, les barrières de la pudeur semblent s'estomper. Mais sommes nous surs de bien comprendre le geste posé par cet autoportrait ?

    On veut documenter ce moment, mais on ne photographiera pas la procession ou la cérémonie funèbre, à peine osera t'on un plan rapproché d'une couronne ou de mains ... il nous reste notre auto-portrait, un geste banalisé bras-tendu, la seule image qui nous appartienne en propre, avec ce léger malaise de faire une chose que la morale réprouve.

    Pourtant, le message maladroit est: j'étais là, je me souviens de ce moment, je ne l'oublierai pas. Un besoin qui fait partie de notre humanité et qui a toujours trouvé son chemin pour s'exprimer que ce soit par les tombes, les momies, les urnes, et les photographies des morts et de nous.

    Ces photos nous montrent dos à la mort ... et face à nous même.

  • En 2013 on peut rire avec tout le monde, mais pas de n'importe qui

    art-de-rue-panneau-sens-interdit.jpgAvant, il était bien vu d'être politiquement incorrect ...

    Un brin de causticité, du sarcasme, du second degré, un regard critique sur les choses ... selon la formule consacrée: 

    On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui !

    (je me sens souvent obligé de préciser "... à condition de ne pas oublier d'être drôle")

    ... maintenant il est malvenu d'être politiquement correct.

    Il est malvenu de pratiquer un discours consensuel, lénifiant, entre langue de bois et populisme. Il vaut mieux un peu de franc parler, un regard critique, au risque de paraître caustique, ce qui peut passer avec un peu de second degré ...

    Ah ben non, finalement rien n'a changé ... tout est donc permis ?

    Non, car un paramètre important de l'équation à changé.

    Le numérateur à augmenté, rendant le dénominateur commun négligeable, autrement dit, le public auquel on s'adresse s'est élargi sur les réseaux sociaux, et surtout diversifié.

    Le fameux "n'importe qui" cher à Desproges, fait désormais partie des gens auxquels on s'adresse, volontairement ou involontairement, ce qui nous amène à une mise à jour indispensable de la fameuse formule:

     

    On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui !

    devient

    On peut rire avec tout le monde, mais pas de n'importe qui !

  • Petit test de ... lacets élastiques ...

    J'ai testé pour vous ... des lacets élastiques.

    Ces lacets sont vendus notamment pour les sportifs souhaitant changer rapidement de chaussures, comme par exemple lors d'un triathlon. Je suis tombé dessus par hasard, pile au moment où les lacets ronds de ma paire de basket avaient besoin de remplacement.

    J'aimais l'idée de gagner quelques secondes le matin en glissant mon pied dans ma basket, tirer sur l'extrémité en appuyant sur le bouton et *zap* parfaitement chaussé. (Note: je précise que ce n'est pas une question de bide-à-bière et de ne plus voir ses pieds ou sa bite, je trouvais le concept amusant).

    Je suis une peu maniaque sur le passage des lacets - je ne supporte pas les asymétries ou quand les lacets plats sont tournées entre les œillets des souliers (oui, bon, on a tous nos sales petites manies).

    Commandés sur ebay, pour presque rien ... La première étape a consisté à assembler le tout, sans instructions. Rien de compliqué en soi. Le plus dur était d'estimer la longueur nécessaire. L'idée étant d'avoir une tension régulière dans tout le système, j'ai opté pour la longueur de la surface de laçage, chaussure hors-pied et serrée à fond. De cette manière l'extrémité et son terminateur sont calés sous la première boucle et l'ensemble est tendu sans être trop serré.

    J'ai du démonter et remonter un lacet à plusieurs reprises, le temps de trouver un montage adéquat et un des terminateurs a fini par se détacher, les clips en plastique ayant subi des dégâts lors des cycles d'ouverture-fermeture à répétition. J'ai fini par devoir le remplacer (j'avais commandé deux paires).

    IMG_0986[1].JPG

    Verdict:

    L'esthétique est ordonnée et nette et bien qu'inhabituelle, on s'y fait, le début des lacets étant masqués par le pantalon (si ce n'est pas le cas, votre pantalon est trop court). Et si on veut être élégant  on peut aussi éviter les baskets :)

    Par contre, la boule à bouton est un peu grosse et surtout ronde, une boule rectangulaire aurait été plus adéquate pour se poser sur l'avant des lacets. 

    Il faut être efficace lors du premier montage, le terminateur est fait pour agripper les lacets et n'encaisse pas bien d'être trop manipulé. Prudence. Il n'est pas impossible que des systèmes plus qualitatifs existent.

    L'enfilage des souliers est un bonheur: zip-zap, on glisse le terminateur sous la première boucle, that's it.

    L'élasticité du système donne un chaussant très agréable, la chaussure s'ajustant souplement sur toute la longueur du coup de pied, en serrant bien sans comprimer. Je pense à en acheter pour mes chaussures de jogging.

    Adopté ... jusqu'à ce qu'une autre idée bizarre me traverse l'esprit.

  • Cette semaine Paul et Mick s'en prennent à l'assistant de Saint-Nicolas.

    421px-Hans_Trapp.jpegDécidément tout est sujet de débat pour Paul et Mick ...

    Pourquoi l'assistant du grand Saint ne pourrait pas être un nègre qui le suit partout pour rédiger ses mémoires ? Parce qu'il incarne le père fouettard qui fait peur ? Tous les noirs sont gentils peut-être ? 

    Pour en savoir plus: http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A8re_Fouettard_(Zwarte_Piet)

    Il semble que son rôle d'épouvantail à enfants existait bien avant sous une autre forme, en Alsace:  http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A8re_Fouettard

    Habillons le autrement, et laissons le blanc pour lutter un peu contre le racisme et beaucoup contre le souvenir du colonialisme.

    Retirons la croix de la mitre pour des raisons de Laïcité mais continuons à l'appeler "Saint". Surtout ne touchons pas à l'exploitation commerciale de cette tradition. 

    Et Halloween, c'est moche et ça fait peur ? Et le Père Noël stigmatise les obèses ! 

    N'empêche qu'on sent que certaines personnes sont payées pour s'occuper des vrais problèmes des gens.

     

  • Vidéo: Sorrow (David van Lochem)

    Une composition originale un peu nostalgique ... juste moi et ma guitare.

    Je serai en concert le 7 novembre à Saint-Vith (BEL) pour la Musiknacht, Info et dates des concerts: guitar.vanlochem.be 


  • Hey vieux, rentre chez toi ! Ta femme a fait des crêpes.

    dvl_guindaille.jpgIl n'y a pas eu de débat à propos du folklore, chacun a exposé ses arguments plus ou moins clairement, tantôt sur les réseaux sociaux, tantôt dans les médias, parfois poliment, parfois dans la vocifération et le raccourci nauséabond, parfois dans l'émouvant témoignage personnel. 

    J'ai hésité quand on m'a demandé de republier mon billet de blog dans la Libre de ce mardi. Un peu réchauffé à mon goût. Mais il y a cette promesse de ne rien renier, d'assumer et de ne pas se débiner dans ma volonté de défendre la tradition. 

    Je pense qu'il faut maintenant laisser un peu retomber la tempête dans le seau d'eau et attendre que la justice fasse son travail sans faire le procès du baptême dans son ensemble, et en souhaitant à ces jeunes gens de pouvoir se relever après leur gaffe lourde de conséquence. Faut-il résumer un homme à un seul de ses actes ?

    Ce qui frappe en lisant les divers témoignages, c'est l'age moyen des porte-paroles plus ou moins autoproclamés. On a majoritairement entendu les anciens ex-comitards de tout poil et de toute plume sur le sujet. Silence chez les jeunes en dehors des associations tenues de prendre position.

    Il n'était pas incongru que les vieux prennent la parole, car c'est l'esprit du baptême dans son ensemble qui était attaqué et cet esprit est le liant qui existe entre les générations. Chacun y allant de son vécu politique, juridique et de son bon-sens-mais-c'est-bien-sur de bon père de famille. 

    Les comitards étaient décrits comme des nazillons tombés du nid, des petits chefs brutaux et frustrés perpétuant d'imbéciles rites barbares d'un autre temps. On ne pouvait laisser dire, merde, nous aimons croire que sommes (devenus ?) des gens respectables.

    Il semblait important de témoigner que nombre de ces imbéciles sont en fait des imbéciles heureux, ayant nombre d'amis indéfectibles, ayant réussi leurs études, travaillant et menant vie de famille "bien bourgeoise" comme il faut. (On me répondra que le gardien de Stalag ne battait pas nécessairement sa femme, je répondrai qu'il faut arrêter de tout mélanger).

    Même l'accumulation de décorations et de titres sonnant creux comme une panse a bière est un signe qui ne trompe pas. Comme me faisait remarquer une accorte bleuette en me soupesant ... une grosse ... médaille: "c'est super ringard !" et je ne peux lui donner tort.

    Les anciens sont ainsi devenu ce dont il se moquaient avec une certaine irrévérence - grosse pensée pour Jacques Brel ici, non, pas celui en bermuda. 

    Les jeunes avaient sans doute d'autres bleus à fouetter. Des cours à suivre (si si, ça arrive), des gueules de bois à soigner. Ils sont occupés: il y a un chapiteau à monter, les alentours à sécuriser, une jeunesse à vivre  ... et qu'il en soit ainsi. Que les anciens en profitent pour raviver un peu la flamme du poil inconnu autour d'une ou plusieurs bières, soit. Qu'ils se fassent des virées d'anciens combattants, j'en suis. 

    Ah, bien sur, les levées de drapeaux entre anciens combattants, ça fait vibrer la fibre et ça donne un sacré guindaillant. Je serais bien reparti penne au front, comme en 95 ... mais qui aurait gardé les enfants ? C'est pas toi qui prends le train demain avec la gueule de bois.

    Mais de grâce que les vieux passent la main. Ils ne portent plus le flambeau. D'ailleurs, le sais-tu ? Ce flambeau n'a jamais été à toi, tu en as été l'éphémère porteur, c'est tout. Et peu importe que tu fus le premier ou le vingtième. Tu l'as dis toi même "un rite vieux comme l'humanité", autant dire que ta contribution y fut modeste.

    Ne serait-ce pas vaguement anormal de traîner "à mon age" la semaine, auréolé de bière et de crasse et nimbé d'une gloriole d'un passé traité en mythomane ? Rappel: tu te souviens, t'étais un bleu minable, comme assistant t'étais foireux, comme togé t'as assuré le minimum, j'y étais aussi, tu es moi et je suis toi. Tu fais illusion 5 minutes et le temps d'afonner une bière. Faire son vieux ne devrait pas dépasser ces 5 minutes, après t'es lourd. Si c'est ta seule vie sociale, t'es à plaindre.

    Je me souviens d'une des dernière fois où je traînais un peu par hasard dans un parcours de baptême, parlant à une bleuette (non, avec l'expérience, on ne crie plus, on parle, c'est encore plus effrayant). Elle avait *vraiment* la trouille, et je me disais que j'avais plus à rien à foutre là. Elle me prenait bien trop au sérieux, donc le jeu n'était plus drôle. 

    Quelle camaraderie pourrait-je donc créer avec une fille de 20 ans ma cadette. Quel cours ou conseil lui donner si je ne connais aucun de ses profs ? La ramènerai-je chez elle sans qu'on me prête les pires pensées, même s'il ne s'agit que d'une question de sécurité ?

    On ne peut être et avoir été, ce constat n'est même pas amer. Avec le temps les plaisirs changent.

    Irai-je voir le baptême de mes enfants ? Non ! Il serait anormal de vouloir s'immiscer dans ce rite initiatique et transgressif. Ce serait complètement hors-sujet. Par contre, si je peux les aider, leur filer l'un ou l'autre tuyaux, démentir l'une ou l'autre rumeur, avoir un instant fugace de complicité, tant mieux. Et j'irai les chercher quelle que soit l'heure, l'état ou le lieu. Et s'ils ne souhaitent pas faire leur baptême, libre à eux (mais j'avoue je serais un peu déçu).

    Bien sur, on est là pour un conseil parce que c'était mieux avant. Bien sûr, ils se trompent dans ce chant, ils en ont oublié un autre, et ils chantent trop vite, et pas en entier, bande de fainéants. Bien sur, ces jeunes là, ils continuent à raconter une histoire qui n'a jamais été vraie à propos d'un monument ou l'autre. Bah oui, ... et alors ? 

    Notre place est au bar, ou à la maison. De loin on dira que c'était mieux avant et que personne n'a rien compris à rien. Allez viens, on rentre, il y a de la bière au frigo ... enfin je crois, si ma femme a fait les courses.

  • Toute cette merde, c’est (aussi) de notre faute !

    Mon Avis sur tout, click, like, RT, vues, médiocriéOn se plaint régulièrement que le contenu se dégrade : musique de merde, vidéos racoleuses à coups de fesses ou de plans nichons, films insipides, émissions putassières, presse relayant de la non-information soulignée de commentaires affligeants de racisme et de populisme.

    Je propose de ne plus cliquer, de ne plus regarder, de ne plus tomber dans le piège. Il ne s'agit pas de faire l'autruche, bien au contraire. Cette saloperie se nourrit de nos vues, de nos likes, de nos secondes d'audience, de nos partages et de nos clicks.

    Quelques actions simples :

    Je change de chaine quand la télé me manque de respect en m’infligeant des choses comme des personnes humiliées dans un enfermement consenti où on s’entêtera à les faire passer pour des poulets de batterie décérébrés courant en rond dans un appartement au look ni-ni. Quand une émission musicale invite sur un plateau des gens connus ou inconnus venant massacrer des chansons usées jusqu’à la corde ou des émissions où le défi se limitent à faire entrapercevoir un string qui dépasse sous une robe. Quand on s’échine à faire coucher des gens ensemble en les obligeant à se frotter les uns aux autres à poil au soleil, sans avoir le courage de montrer face caméra quand ils s’envoient en l’air. Quand on met des requins sur une plage pour qu’ils se bouffent le nez pour savoir qui sera le plus crevard pour sucer du poisson cru ou un autre participant. Et je milite auprès de mes proches et amis pour qu’ils fassent de même. Il n’y a pas d’obligation à subir … il n’est pas interdit d’éteindre la télé.

    Chaque seconde d’audience est une victoire pour la médiocrité.

    Je zappe les films pourris, je ne le télécharge pas, je les commente négativement en ligne. Je refuse d’accompagner mes amis qui vont voir un navet, et tant pis pour les effets spéciaux, pour ce prix-là, on pouvait se payer une histoire aussi. Il n’est pas interdit de ne pas regarder jusqu’au bout.

    Chaque visionnage est une victoire pour la médiocrité.

    Je ne clique plus sur les déchets collatéraux produits sur Internet par lesdites émissions : clash orchestrés entre invités ou entre invités et chroniqueurs forts en gueule, vidéos de « oups » et de « fail », avec ou sans plan nichon. Je ne clique plus sur « la pire reprise », le « chanteur le plus faux », « l’accent le plus horrible », « l’animal le plus mignon/moche/dégoutant/effrayant ». Je ne clique sur aucune vidéo montrant comment une jeune fille (sexy) s’est fait piéger, ou sur les vidéos mettant du nichon ou de la fesse en miniature. Je refuse les pages obligeant d’aimer pour voir ou les concours pourris. Je ne relaie pas les théories du complot (à charge ou à décharge), les hoaxes, les appels à solidarité bidons.

    Chaque click est une victoire pour la médiocrité.