• Il pleut, je relève mon col et je ne cours pas. Et toi ?

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    Il pleut.

    Dans le petit bout de rue qui sépare l'immeuble où je bosse de la gare du midi, j'observe les stratégies de ceux qui traversent la rue noyée sous une brutale averse.

    Certains relèvent leur col et marchent, la tête droite. D'autres ont un parapluie et s'en servent. D'aucuns en ont un et ne s'en servent pas. Il tape la semelle sous la colonnade, elle attend que la pluie s'interrompe.

    Certains ont un manteau et relèvent leur capuchon. Parmi ceux qui mettent leur capuchon, il en est qui baissent la tête, d'autres qui la gardent haute. J'en vois un qui a un capuchon, mais ne le relève pas.

    Certains se font un parapluie symbolique d'une main tenue en éventail au-dessus de leur tête. Il tient une enveloppe, elle s'abrite sous son sac. Ils courent.

    Il en est qui pressent le pas. Il en est enfin qui prétendent ignorer la pluie qui bat la rue.

    Je sais que comparaison n'est pas raison, mais pourquoi devrions nous réagir de la même façon aux aléas de la vie. Tous patrons, ou tous ouvrier, tous fonctionnaires ou employé, tous créateur de valeur, tous courageux, tous avec les mêmes besoins et les mêmes envies, tous empathiques, tous honnêtes, tous en bonne santé, tous malin.

    De bonnes petites machines produites en série, moulées à la chaine, jamais décevants, toujours performants. De bons petits avatars, des modèles théoriques d'aide à la décision, modèles dont on change selon la thématique abordée. 

    Une grande erreur de toutes les idéologies politiques et des grandes théories sur l'homme en général consiste, pour moi, à négliger cette diversité dans ce que nous sommes, dans l'expression de la somme de ce que nous faisons, dans nos incohérences parfois, mais aussi dans nos réactions face à la vie.