• Fin prématurée de l'expérience vélo électrique : le bilan

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    Cet après midi, je suis passé rendre le vélo électrique. Comme expliqué dans le billet précédent, je ne l'ai pour ainsi dire pas sorti de son garage.

    J'ai pu constater que la batterie était restée chargée de manière appréciable, un bon point pour ce vélo. Le trajet vers la maison des cyclistes à 20 km/h de moyenne m'a semblé agréable. De manière générale, je n'ai aucun scrupule à prendre ma place dans le trafic, malgré que certains automobilistes ont tendance à frôler les vélos et que certains piétons ne tiennent pas compte des vélos quand ils traversent de manière inopinée.

    Que dire ? La responsable était aussi déçue que moi, frustrée (?) voire légèrement en colère que je ne saisisse pas ma chance ... rendre le vélo aussi tôt serait injuste pour les 400 candidats non-retenus. De mon côté je considère au contraire qu'en le rendant tôt, je suis conséquent et je permets peut-être de le remettre à un candidat qui n'avait pas été retenu la première fois. Il reste largement assez de temps pour relancer un test, d'autant qu'initialement on ne devait avoir le vélo que vers le 13 mai.

    C'est un échec, mais conserver le vélo dans mon garage jusqu'au terme de la période d'essai aurait été lâche et hypocrite de ma part. Une expérience doit être menée avec rigueur et détermination et les aspects négatifs ne doivent pas en être occultés.

    Pourquoi ?

    Je fais partie de ces ménages belges qui ont une voiture, une maison, qui paient ladite maison et leurs factures, qui vivent "plutôt pas mal", sans toutefois avoir de gros patrimoine ou pouvoir se constituer un coussin d'économies. On ne porte plus guère de bas de laine de nos jours, du coup les aléas peuvent être cotons. Clairement, je n'ai pas 1500€ à débourser au cas où le vélo me serait volé. Je ne serais pas à la rue, entendons-nous, mais j'ai mieux à faire de mon argent. Je préfère faire un beau cadeau d'anniversaire à ma femme, par exemple. D'autant que dans mon cas, il ne s'agit pas d'un calcul où je considère qu'il remplace une "indispensable" seconde voiture et constitue une économie relative.

    En Belgique, il y a un peu plus de 35000 déclarations de vols de vélos par an. Un cycliste sur dix s'est fait voler son vélo, mais la moitié n'as pas fait de déclaration à la police, d'après une étude. Le nombre de vols est donc largement supérieur aux statistiques officielles. Bien sur, certains ne se sont jamais fait voler leur vélo, mais il ne faut pas confondre un témoignage et une statistique de risque. Tout le monde garde en mémoire l'histoire du tonton fumeur centenaire, en oubliant que le reste de la famille fut décimé entre 40 et 60 ans.

    Étant navetteur sur Bruxelles, je dois laisser le vélo bien trop longtemps sans supervision à mon goût. Si je me rendais au travail directement, et qu'il ne s'agissait pas d'une étape sur mon parcours, ce serait sans doute différent. 

    Ça peut sembler idiot, mais passer sa journée à me demander si je suis pas en train de me faire tirer mon vélo est un gros frein à son utilisation. La simple tentative de vol serait à même de causer de coûteux dégâts à un vélo qui ne m'appartient pas. N'étant maître ni de la sécurité, ni du risque, ni même d'une assurance contre le risque, je suis face au mur.

    C'est également un trait de caractère chez moi, j'en conviens : je n'aime pas emprunter des choses. Initialement, il était clair pour moi que j'allais m'assurer et "au pire" en être quitte d'une franchise en cas de vol. Je peux envisager de perdre une centaine d'euros pour une simple expérience de mobilité, mais pas plus.

    Ce manque d'assurance dans tous les sens du terme a été un frein à vaincre les autres réticences plus classiques: météo, équipement, sueur, modification du timing de la routine matinale et vespérale.   

    • Une simple petite course nécessite un repérage des lieux susceptibles de permettre de fixer le vélo.
    • Aller chercher les enfants semblait une utilisation sympa, mais une fois à pied avec les mallettes, ce vélo pèse le poids d'un cheval mort.
    • Mon trajet du domicile vers la gare est également un peu en deçà d'une distance où le vélo serait un avantage net (tenant compte du temps d'équipement et de sécurisation).

    Ceci cela ne remet pas en cause ma conviction que le vélo soit intéressant comme moyen de déplacement, et le vélo à assistance électrique à plus forte raison, mais il me faut soit un vélo que j'emporte sur le train, soit un vélo pourri dont le prix soit négligeable, soit un espace privatif pour le garer, soit une possibilité de me couvrir pour le vol, d'autant que les assurances ne sont pas si coûteuses, entre 75 et 90 euros par an (auxquels il faut ajouter l'achat d'un cadenas labellisé et certifié par l'assurance) avec une franchise d'une centaine d'euros.

    Après avoir rendu le vélo, je suis passé par la station-service pour acheter un truc à boire. Pas de point de fixation sécurisé à première vue, bien que je puisse garder un œil sur le vélo depuis l'intérieur du shop. J'avais ensuite rendez-vous chez mon dentiste, même constat, pas de possibilité de fixer mon vélo de manière adéquate pour la durée de ma visite.

    Quand je suis sorti j'ai consulté l'application "NextRide" sur mon smartphone pour voir quand et où arrivait le premier bus pour rentrer chez moi. Cinq minutes, 100 m de marche pour l'arrêt ... l'autre possibilité est un train dans 12 minutes, ou d'autres bus, à d'autres arrêts. Ce n'est pas parce que ce vélo n'était pas la solution adéquate pour moi qu'il n'existe pas d'alternatives.

    J'ai rangé mon casque et mon gilet fluo, soulagé malgré tout d'avoir agi de manière cohérente et d'avoir au moins pris la décision de mettre un terme à une situation qui ne (me) menait à rien.

     
  • Top 10 des excuses pour ne pas prendre mon vélo ...

    no-bikes.gifBon, le vélo électrique (voir billets précédents) n'est pas une grande réussite pour moi pour l'instant. Avec un nombre de kilomètres parcourus de 0 et un nombre de sorties de 0.

     

     

    Voici dans par ordre d'importance croissant les raisons (excuses ?) qui jalonnent mon expérience.

    1. il pleut (un cycliste quotidien m'a assuré qu'il ne pleuvait que quatre fois par an, il y a déjà eu trois fois ce mois-ci, ça devrait aller mieux après)
    2. il fait chaud et j'ai peur de transpirer dés le matin (j'aime le côté nature des choses, mais pas trop, et je ne suis pas adepte du côté "pull qui gratte, chaussures de marche, odeur de transpi" - alerte cliché)
    3. je n'ai aucune idée du temps de parcours pour la gare, avec fixation du vélo 
    4. je n'arrive pas à me décider pour un trajet, en partie parce que cette stupidité de gare de Liège-Guillemins n'est pas prévue pour être traversée en vélo
    5. certains jours, avec mon ordi portable, mon sac est trop lourd
    6. je ne sais même pas à quoi ressemble le parking à vélo de la gare et je ne suis pas sur de pouvoir y attacher mon vélo correctement (voir point 9 et 10)
    7. si je vais chercher les enfants, après je dois marcher à côté de mon vélo qui fait 22 kilos sans assistance, avec le poids des mallettes qu'on va immanquablement me refiler et qui ne tiennent pas sur le porte-paquets)
    8. j'ai peur qu'on me vole la roue avant
    9. j'ai peur qu'on me vole des pièces mobiles du vélo (selle, pompe, sonnette)
    10. j'ai peur de me faire voler ou détériorer mon vélo et devoir payer 1500 € (que je n'ai pas) à la ville de Liège

    Noter que "circuler dans le trafic" n'en fait pas partie.