Du booking jusqu'au compte-rendu - jour 18 - #31bloggingdays

Difficile de publier quelque chose hier pour les #31bloggingdays. J’étais sur scène au Village de Noël de Liège pour un showcase, suivi d’un pot avec des amis. Ensuite j’ai enchaîné avec le verre de l’amitié du Comité de mon quartier pendant que les enfants étaient à leur souper de Noël d’unité scoute. Un bon samedi bien rempli comme on les aime.

Après chaque concert, je fais un petit compte rendu sur mon site. C’est l’occasion de débriefer et de garder un souvenir en valorisant anecdotes et photos. Partant de là, je me suis dit que ça pourrait être amusant d’un peu raconter comment se passe l’avant et l’après depuis les coulisses.

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La première étape, c’est évidemment le booking. Par l’envoi de mails, par des rencontres ou par le bouche-à-oreille un organisateur et moi tombons d’accord sur une opportunité de donner un concert. Ce n’est pas toujours facile quand on joue une musique de niche comme la guitare acoustique fingerpicking instrumentale. La musique doit convenir au lieu et vice-versa.

La première étape pour moi, après être tombé d’accord sur les conditions, c’est de bloquer la date dans mon agenda sur le site. J’aime avoir des dates bookées à l’avance. C’est essentiel pour moi de pouvoir me projeter vers l’avenir, c’est structurant pour mon travail.

D’après ma courte expérience, il existe divers types de concerts : le showcase ou la première partie, le concert à proprement parler, le récital. Je les aborde différemment dès la préparation. J’adapte la setlist en puisant dans un répertoire plus large, pour être le plus efficace possible.

Pour un showcase, je vais essayer de mettre en avant mes compositions les plus représentatives en équilibrant morceaux dynamiques et balades. C’est une sorte de best-of en 30 ou 40 minutes.

Pour un concert, je mélange compositions dynamiques et balades et arrangements de morceaux connus pour amener de la variété dans la longueur. En deux heures j’ai l’opportunité de visiter de plus grandes étendus de mon univers musical. En fonction du public, j’intègre quelques amuse-bouches au ukulélé dans le set. C’est aussi l’occasion de tester des nouveaux morceaux inédits dans de bonnes conditions d’écoute pour mesurer leur impact sur le public. Quand un morceau fonctionne, il rejoint la liste des morceaux à jouer.

Pour une animation musicale, le public est généralement rassemblé pour une autre raison que la musique. Que ce soit un marché de Noël, un repas ou une fête d’entreprise, il faut respecter le rythme propre à l’événement et s’y intégrer. Il faut accrocher sans peser. Pour moi la recette passe tout d’abord par un contrôle du volume sonore qui permet à l’événement de suivre son cours sans que je sois perçu comme une nuisance. Ensuite, il faut un mélange musical agrémenté de morceaux plus pétillants. La qualité sonore et musicale doit être suffisamment bonne pour couler dans les oreilles sans les écorcher.

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Je répète en général le set entier tel que je compte le jouer. C’est une bonne manière de vérifier la durée du set. Cela me permet de vérifier si les morceaux fonctionnent dans l’ordre que j’ai imaginé. Parfois les rythmes, les tonalités, des morceaux trop proches ou trop éloignés ne fonctionnent pas bien entre eux et il faut faire des ajustements. Il faut aussi prévoir les changements d’instruments et les chants. J’aime bien varier un peu le déroulement des concerts. J’aimerais avoir l’aisance de certains artistes qui improvisent leur setlist au fur et à mesure de la soirée, mais j’aime avoir un plan.

IMG_7422.JPGParallèlement à ce travail, je m’occupe de la promotion du concert. Les affiches se font plus rares, je fais ma promotion via les réseaux sociaux. Pour les plus grosses dates, je fais un mailing. Je me sers de ma page Facebook à quelques jours, mais aussi mon compte Twitter, puis parfois sur Instagram le jour précédant le concert. Je dépense peu en promotion active, à mon échelle, le retour sur investissement est assez faible, et le montant des cachets ne justifie pas d’investir. Le plus souvent, je documente tout simplement les préparatifs. C’est ce qui me semble le plus naturel, rien n’est posé ou calculé. Je pense que le live Facebook va me servir plus souvent justement pour ce côté naturel.

La veille du concert, je prépare le matériel. J’affûte la guitare, je change les cordes et vérifie que tout est en ordre. Je sélectionne le matériel à emporter : guitare, ukulélé, ampli, petite sono, pieds de micros, table de mixage, parfois même scène démontable et éclairages. Je checke piles et câbles. J’affûte aussi l’artiste en choisissant mes vêtements et en vérifiant que doigts et ongles sont ok. Entraînement léger pour éviter les blessures d’avant-match.

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Malheureusement pour moi (ou heureusement ?) "the drugs don’t work"… je dois être sobre, bien hydraté et bien reposé avant un concert. L’alcool ne me permet pas d’améliorer mes prestations. Je n’ai d’ailleurs que rarement constaté que les gens jouaient vraiment mieux bourrés. Ça augmente le culot, rarement le talent. Je n’ai pas de grand trac, plutôt un stress positif et une furieuse envie de bien jouer. Mes angoisses sont essentiellement liées à la présence du public, au matériel et à la sonorisation. Le soundcheck est un moment de stress, mais un moment important auquel je consacre beaucoup d’énergie si j’en ai le temps, car il détermine souvent la suite des événements.

Pendant le concert, le plus dur c’est de trouver l’équilibre entre la concentration et une forme de lâcher-prise. L’esprit doit flotter au-dessus de l’instant "t". Si l’esprit divague devant ou derrière le présent, distrait par la musique ou ce qui se passe devant la scène ou au bar, la faute est au tournant. Et parfois malgré la faute, une porte qui claque ou un verre qui casse, il faut reprendre le fil de l’eau au milieu du torrent d’un morceau rapide, ou plus difficilement dans le clapot d’une ballade, sans faire de vagues.

Dans les concerts, j’aime faire une interruption au milieu pour saluer les amis, boire un verre et qui sait, peut-être un jour vendre des CD. À la fin du concert, je démonte plutôt rapidement sans quitter le matériel des yeux. C’est le moment où on se fait facilement voler un instrument, un micro ; des effets, un ampli. Une fois replié et rangé, c’est plus facile de garder un œil sur le tout. J’en profite pour voir si j’ai des bonnes photos pour la communication d’après concert.

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Le lendemain, j’inspecte, trie et range le matériel. Je n’ai pas toujours le temps de bien ranger au démontage, mais j’aime que tout soit prêt à servir pour la fois suivante. Ma Roadie me trouve un peu maniaque. J’uploade les photos dans les galeries du site et si j'en ai une belle, je la mets aussi sur mon Instagram. Et j’en profite pour remercier les amis présents et les organisateurs qui le méritent.

C’est le moment que je choisis pour rédiger mon compte rendu en utilisant les photos et souvenirs de la veille. Je n'aime pas traîner avec l'écriture. Je suis conscient que le temps perdu ne se rattrape pas. Je sais aussi que si j'avais la vraie vie d'un musicien en tournée, je n'aurais pas le temps de raconter tout ça par le menu.

Voilà, le rideau retombe sur l'obscurité des coulisses et leur silence. Je me réjouis d'entrer à nouveau sous la lumière des regards bienveillants du public, guitare à la main pour parler de mon univers musical. 

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