Il faut un début à tout : mon premier livetweet de conférence !

Il faut un début à tout. Dix ans après "tout le monde" sans honte et de manière parfaitement assumée, hier j'ai assuré ma première permanence Twitter pendant une "grosse" conférence. Depuis quelques années, nous remontons la pente technologique, calmement. En quelques années, après l'ouverture de comptes officiels, l'invitation a tweeter et retweeter, la réflexion stratégique sur la création de comptes thématiques et des hashtags pertinents, nous voilà arrivés au moment du premier événement à couvrir en direct. 

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Ce fut une expérience intéressante qui m'inspire quelques réflexions. C'est amusant que le billet qui précède sur ce blog parle également de Twitter, mais pour le moment c'est là que ça se passe pour moi, bien plus que sur ce blog. 

Le briefing était d'annoncer l'événement, une conférence sur le lien entre l'approvisionnement de l'industrie alimentaire et la biodiversité. Les hashtags du jour étaient #swrb18 (sourcing while respecting biodiversity) et #respectbiodiversity. Ensuite, l'idée était de donner un aperçu de la teneur des débats vers l'extérieur. Le partage des messages des partenaires était évidemment vivement encouragé. Nos partenaires sont rodés à cet exercice, nous pas encore.

Je ne tweetais pas via mon compte personnel, mais via le compte dédié à la biodiversité : @bebiodiversity, un compte lié à une grande campagne pour la biodiversité en Belgique www.bebiodiversity.be. Cela donnait le relief officiel nécessaire à l'action tout en travaillant à la notoriété de ce compte qui est parfois à la peine.

En parfait novice, j'ai fait à ma sauce, n'ayant que peu d'idées des bonnes pratiques en la matière. Pour mon activité de guitariste, je me sers de Hootsuite depuis quelques années, je n'avais pas de raison de changer. J'ai donc crée un flux dédié au compte concerné, et activé un suivi sur les hashtags et quelques mots-clefs pertinents. J'ai également suivi les partenaires directs et monitoré leurs comptes. J'ai également cherché et ajouté les comptes Twitter des orateurs et vérifié si ces comptes avaient un profil professionnel ou personnel (ou mixte).

L'idée qui m'a sauvé la vie a été de prendre le programme de la conférence et de préparer la veille une longue série de brouillons de posts contenant le nom des différents orateurs, le titre de leur présentation et les hashtags. Quand pendant la matinée, je me suis retrouvé avec mon ordinateur posé en équilibre instable sur une tablette minuscule accrochée à l'accoudoir de ma chaise, tout en prenant des photos avec mon smartphone, j'ai béni cette prévoyance ... ce n'était pas le moment de rechercher si l'orateur se nomme Demarest, Desmarest, Demaret ou Demarets. Mon clavier bluetooth connecté au téléphone est venu à point pour éditer rapidement les messages avant envoi (malgré les moqueries de certains collègues sur l'idée d'avoir un clavier physique pour son téléphone). En conservant les brouillons après envoi, j'avais toujours une base fraîche pour redémarrer un post contenant les éléments minimums, si nécessaire.

J'ai hésité pour le placement dans la salle : au fond, pour aller et venir discrètement, devant, pour les photos ? Finalement j'ai opté pour une place en bord de rangée vers l'avant, au diable la discrétion.

Je n'ai pas ré-inventé la poudre : un tweet avec photo de l'orateur et le titre de sa présentation, un second avec une citation marquante ou résumant son propos et quelques tweets sur l'atmosphère générale de la conférence. Le challenge étant de varier la construction des tweets pour ne pas tomber dans la monotonie : nom - sujet - photo. Parfois la photo accompagnait la citation plutôt que la présentation. Entre les coups, liker et retweeter les interventions des autres participants. C'est un peu stéréotypé, il y a peu d'angles disponibles pour couvrir un tel sujet.

Dans l'ensemble j'ai trouvé le challenge intéressant (et fatiguant). Jongler toute la journée entre l'édition, la photo, la publication s'est avéré un défi nécessitant un peu de concentration. Ma préoccupation étant d'éviter les fautes. A mon grand regret je n'ai pu toutes les éviter. Triste consolation, les participants communiquaient en "anglais de conférence" (ou desesperanto, comme dit une de mes amies interprète) et les fautes bénignes ne sont pas rares. On ne peut faire que de son mieux.

Evidemment, l'événement pointu et spécifique n'a pas bouleversé les Internettes. J'ai constaté que l'activité sur Twitter a connu plusieurs phases. La veille, les partenaires et orateurs ont annoncé la conférence. Pendant la matinée, ils ont liké les tweets et photos à propos de leur participation et commenté les présentations d'autres orateurs. Peu à peu, d'autres intervenants se sont invités dans le flow. Les institutions qui n'étaient pas présentes "sur scène" d'abord, puis les followers (amis, collaborateurs, ou simple followers des orateurs ont manifesté leur soutien et leur appréciation. En soirée, il y eut encore un petit pic d'activité des uns et des autres qui parcouraient Twitter à la recherche de leurs mentions.

Tout ceci est encore à améliorer. Idéalement, on devrait couvrir un tel événement en respectant la diversité linguistique de la Belgique. Mais la seule solution alors serait d'avoir une personne responsable de chacune des langues. Je ne me voyais pas multiplier la charge par deux ou trois en ajoutant le français et le néerlandais à la volée dans le flux. La gestion des erreurs aurait été infernale. Une alternative serait de tweeter à minima dans les autres langues. Reprendre introduction, annonces et conclusions uniquement, en s'autorisant un découplage avec le direct. Avec une équipe plus étoffée, il serait possible de couvrir également un peu d'informel et de backstage pour humaniser le flux et valoriser les travailleurs de l'ombre.

La prochaine étape c'est le tweetwall modéré en live pour alimenter le débat et animer la journée. Soyons fous !

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