Remue-Méninges & Remue-Ménages - Page 4

  • Réduction des congés s(c)olaires - jour 13 - #31bloggingdays

    Déjà le 13ème jour des #31bloggingdays et je compte les jours qui restent avant les congés.

    Les congés ont fait parler d’eux ces derniers temps. Il est question de réformer les rythmes scolaires pour commencer les vacances d’été la première semaine de juillet, de les terminer la dernière semaine d’août. Les jours ainsi "économisés" seraient distribués pour prolonger les congés de Toussaint, pardon "d’automne" et de Carnaval.

    Avant tout j’ai été surpris du peu de recul affiché par les parents sur la question. Je n’ai entendu parler que de l’augmentation du prix des vacances. On a finalement assez peu parlé du bien-être des enfants ou même du bien-fondé de la tradition. Je ne jette la pierre à personne, je bosse aussi avec l’envie de savourer mes congés en famille et je ne suis pas friand du changement.

    Mais tout d’abord d’où vient ce fameux rythme scolaire ?

    Il est ancré à la fois dans les traditions païennes (et leur appropriation par la religion chrétienne) ainsi que dans l’agriculture. Dans un premier temps, les congés ont été mis en place pour permettre aux enfants de fréquenter l’école sans déserter la ferme aux moments importants des cycles de l’agriculture. Certaines fêtes liées aux cycles des saisons nécessitaient aussi de libérer les hommes de leurs travaux pour qu’ils puissent lever les yeux au ciel. Historiquement, le type d’agriculture pratiqué par les Occidentaux est une succession de périodes d’entretien suivi de périodes d’activité intense, entrecoupée de périodes d’activité plus légère.

    Dans le livre "Outliers", Malcolm Gladwell compare ce rythme avec celui de la culture du riz. Le riz nécessite beaucoup de travail. Il doit être abondamment irrigué et l’entretien des systèmes de terrasses et d’irrigation accapare le temps qui n’est pas consacré à la culture proprement dite. Le travail s’étale sur toute l’année, du matin au soir. Il constate que le rythme scolaire est empreint de cette (agri) culture et que les congés y sont plus rares Personne ne pense à s’offusquer de la longueur des journées. Les enfants ont d’innombrables activités extrascolaires de l’aube jusqu’au soir. Quand les deux parents travaillent, un des salaires sert à payer les cours particuliers d’anglais ou de musique. Pendant les longues périodes de congés scolaires, les enfants fréquentent des écoles pour des cours de renforcement et le travail d’apprentissage ne s’interrompt guère. Cependant, si Internet nous inonde d’images de jeunes prodiges asiatiques, il est tout de même rarement question de bien-être et de bonheur hors celui de faire la fierté de sa famille (et/ou sa fortune).

    Chez nous, "les cahiers sont dans le feu et le prof est au milieu" comme disait la comptine. "Vacances j’oublie tout, comme disait la chanson". Le recul des connaissances et des savoir-faire est criant au sortir des deux mois de congés. Durant les mois d’hiver, par contre, la fatigue s’accumule. N’étant plus tenu par l’agriculture et la religion, il est peut-être temps d’oser repenser la tradition du rythme scolaire. Après tout, les congés payés ne sont pas une tradition si ancienne. Nous sommes la seconde génération à en profiter pleinement comme un acquis.

    Évidemment, ça n’arrange personne. Les parents, les entreprises, le secteur touristique (qui pouvait remplir de Belges les semaines délaissées par les Français qui ont déjà adapté les congés d’été). On croirait que soudain tout le monde sans exception partait du 1er juillet au 15 et du 15 août au 31. Certes c’était un peu moins cher, mais le marché du travail et du tourisme s’adapteront. C’est le principe du marché. Si les gens ne peuvent plus se payer les voyages qu’on leur propose, il y aura des promotions. Un hôtel vide ne vivra pas longtemps. Restent les soucis de mobilité et les embouteillages traditionnels en juillet-août. On trouvera des solutions. Personnellement le nombre de destinations restreint en raison de l’instabilité politique de certaines régions m’ennuie bien plus. Note : j’aimais bien partir la première quinzaine d’août ou la seconde de juillet.

    Étrangement, les principaux concernés, les enseignants et les élèves sont assez nombreux à être plutôt pour. Les semaines d’automne se traînent en longueur dans les classes surpeuplées. On accusera les enseignants d’aimer les congés - qui ne les aime pas ? Ils ont l’avantage de voir leurs congés coïncider automatiquement avec ceux de leurs enfants, mais ils vont avoir du mal à partir 4 fois en vacances sur l’année, dont deux fois au ski. Tout comme pour les parents, ces semaines de congé hors de l’été ne sont pas "pratique" d’un point de vue familial. Mais elles semblent nécessaires du point de vue scolaire. Ça marchait bien assez bien comme ça ? Ce n’est pas ce que semblent indiquer les études en la matière.

    Comme le rappelaient les profs dans les commentaires à ce sujet, l’école n’est pas une garderie. Elle s’occupe des apprentissages. Pour moi, le rôle des parents est de veiller à ce que leurs enfants soient : en forme, en bonne santé dans la mesure du possible, nourri, vêtu, équipé, ponctuels et suffisamment bien intégré socialement pour pouvoir bénéficier d’une éducation. Les congés et la présence en famille jouent aussi un rôle dans l’apprentissage de la vie. L’école est un endroit peu propice à certains apprentissages, comme le sport, la musique ou la créativité de manière générale. Libérer du temps pour ces activités n’est peut-être pas une si mauvaise chose.

    Moi je suis curieux, un peu inquiet… et prêt à faire des efforts.

  • Sacrifice humain - #31bloggingdays

    Zut de zut, je me suis laissé piéger par la finale du meilleur pâtissier ... J'avais une idée pour ce #31bloggingdays, mais je n'ai pas le temps de la développer. Ce sera pour demain. En attendant, je vous invite à relire un de mes plus vieux textes.

    C'est un exercice d'écriture sur un thème imposé qui était "le sacrifice humain". On en avait beaucoup discuté à l'époque, tant sur le fond que sur la forme.

    C'était passionnant.

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    La veilleuse s’est éteinte, faute d’entretien. La flamme a jauni, vacillé et s’est éteinte. Il est resté un moment à regarder le petit trou orphelin de son feu, la brosse à dents dépassant de sa bouche, le menton couvert de dentifrice. Une goutte tombée sur sa chemise l’a tiré de sa torpeur. Merde ! Remonter, prendre une autre chemise, faire tomber le cintre, l’enfiler, la boutonner d’une main en avalant un café, penché au-dessus de l’évier pour éviter un autre accident.

    Je ne l’aime plus. Quand la flamme a disparu avec un léger bruissement, cette pensée a traversé son esprit. Depuis, cette idée ne le quitte plus. Mais pour repartir à zéro, il faut des mesures radicales.

    Au début sa présence l’a juste ennuyé, comme une mouche qu’on aimerait chasser du revers de la main. La place prise sur le bord de l’évier, les vêtements, cette tâche de maquillage sur le miroir où son pinceau à blush vient s’appuyer en retombant à côté de la brosse à cheveux. Ses yaourts bios qui remplissent le frigo, cet appareil de fitness rouge coquelicot au milieu du salon. Ce salon où il aurait aimé garder une sobriété boisée et plus masculine. Et ce collant dans la boîte à gants de la voiture, juste au cas où.

    Il n’a pas déserté le lit conjugal. Il s’est endormi dans le fauteuil, devant la télé, un verre à la main, de plus en plus souvent. Obtenir quelques médicaments en prétextant des soucis professionnels a été un jeu d’enfant. Les médicaments, pas grand-chose, juste un coup de pouce pour en finir avec l’espoir qui se tord de douleur en attendant de crever dans son ventre. Repartir à zéro, en faisant place nette.

    Toute sa vie, il a pris la pose. Fais ce qu’il fallait, été l’homme de la situation. Payé chaque facture sans sourciller. Puis négocié des délais avant de se résoudre à ne plus ouvrir le courrier. Le joug posé sur ses épaules lui semble insupportable, il va s’ébrouer et se libérer, il le sait. Pourtant, il cache sa détermination sous un masque. Se lever, s’habiller, travailler dur, rentrer et compter les jours. Faire des sacrifices.

    Il vérifie que tout est en ordre. Il doit s’assurer de ne pas avoir de problèmes, de ne jamais faire de vagues. Prévoir chaque minute, penser chaque geste. Rien ne doit avoir l'air prémédité.

    Chaque jour, un peu d’alcool, pas trop, quelques médicaments, la dose prescrite pas plus. Conduire en voiture en respectant les limitations de vitesse. Personne ne doit se douter.

    15 décembre, tout est prêt. Pas d’alcool, juste les médicaments, la dose prescrite. Faire le plein et se glisser dans le trafic, trouver le rythme de cette journée, téléphoner à la maison, ne rien laisser paraître.

    Dans la ligne droite, donner un coup d’accélérateur sec et un coup de volant brutal vers la gauche. Croire un instant que la voiture part en crabe et imaginer rater sa cible. Voir le rail de sécurité entrer entre l’aile avant de la voiture et la portière. Entendre l’airbag exploser et sentir l’odeur âcre de la poudre noire mélangée à l’odeur de l’huile chaude et du métal. Les souvenirs olfactifs sont les plus puissants, ce sont aussi peut-être nos dernières sensations.

    Il est penché en avant, la bouche entrouverte, le visage étrangement serein. Une goutte de sang quitte son menton et tombe sur sa chemise. Peu importe maintenant. La maison est payée, l’assurance-vie va effacera les dettes.

    Pour repartir à zéro, il faut des mesures radicales, parfois des sacrifices.

  • La malédiction de la recherche du champion - jour 11 - #31bloggingdays

    Déjà le jour 11 du #31bloggingdays, allez voir So fille, Mel loves travels et la fille de 1973 de ma part.

    Ce matin, sur un forum de guitariste j'ai vu repasser cette éternelle question : qui est selon vous le meilleur guitariste vivant (ou mort, selon les variantes). Cette recherche d'un champion est, en matière de musique, complètement dénuée de sens. Peut-être que le meilleur guitariste du monde est un musicien de session œuvrant dans un studio anonyme à l'insu de tous. Meilleur en quoi : en vitesse, en technique, en émotion ? 

    Historiquement le champion était la personne désignée pour représenter dans un combat une autre personne dans l'incapacité de combattre. L'incapacité de combattre était d'origine diverse : sexe, âge (trop jeune ou trop vieux), maladie ou majesté. Parfois le duel entre deux champions était choisi pour réduire les pertes en décidant la bataille par un affrontement préliminaire. Ces combats étaient précédés d'insultes et de provocations. On retrouve des traces des ces affrontements verbaux dans les haka du rugby ou par les chants de supporter et les hymnes nationaux. Le champion est choisi au travers de tournois et de championnats. 

    Les élections, dans leur conception moderne sont tout à fait dans la lignée de cette désignation du champion. Le champion est censé concentrer les votes de son camp sur sa personne pour faire face au camp adverse. Malheureusement les critères de sélection du champion s'éloignent de plus de la tâche à accomplir. Un champion de l'image et de la communication pourra se révéler un piètre gestionnaire. Un bon gestionnaire manquera d'éclat pour se faire élire.

    On célébrera l'exploit plutôt que la régularité, la vitesse plutôt que l'endurance. Qui a le plus de mérite, le sprinteur le plus rapide du monde ou l'enfant qui marche 2 heures tous les jours pour se rendre à l'école ? Ce n'est pas comparable ? Et si la compétition n'était pas la réponse à tout ?

    Quand je regarde mon frère patiemment façonner un couteau au départ d'un bloc de métal, en cherchant la perfection de la forme et du geste, je me dis qu'il ne subsiste guère d'admiration pour la personne effectuant correctement un travail.

    L'artisan, exécutant de manière répétée une partition définie avec une résultat dont la qualité échappe à la notion de performance. C'est la dévotion envers le produit final qui prime, Un produit qu'il signe parce qu'il se sent responsable de sa qualité plutôt que pour y apposer son nom.

    Les machines ont tué notre perception de la beauté du geste. Pourtant, on peut la retrouver en amont de la machine, dans la création du produit, dans la précision de sa fabrication, même industrielle. Quand ce dernier aspect disparaît, par souci d'économie, les objets et notre monde deviennent jetables. Tandis qu'on nous distrait avec d'autres champions ... d'autres records inutiles. 

    La gloutonnerie financière impose que tout doit grandir, s'élargir, s'élever. Quand une chose atteint son optimum de qualité, on rognera sur les frais de fabrication, jusqu'à en réduire la qualité.

    Pourquoi n'est-il plus envisageable d'avoir une personne faisant bien une chose, dans une quantité donnée correspondant à sa capacité et sa qualité maximum. Vivre sans investir, sans passer sa vie à creuser un trou pour jeter la terre dans le trou creusé par un autre. Se contenter de bien faire, et de faire mieux plutôt que plus, et en recevoir la reconnaissance due.

    Et si il n'y avait que des bonheurs fugaces et de grands malheurs dans la quête du champion et dans cette croissance imposée ?

  • Comme un poisson dans l'eau - jour 10 - #31bloggingdays

    Déjà le jour 10 du #31bloggingdays, et je tiens toujours la rampe. Allez lire les autres aussi: So fille, Mel loves travels et la fille de 1973, il y en a peut être d'autres que j'ai loupé.

    Ce blog n'a jamais été qu'un moyen de me (la) raconter un peu. Un journal pas intime du tout. Alors aujourd'hui je voulais vous parler de mon amour inconditionnel pour l'eau. Je suis Verseau, mais il parait que ça n'a rien à voir … puisque c'est un signe d'air.

    #31bloggingdays

    Petit, par deux fois j’ai flanqué la trouille de leur vie à mes parents. Bébé, j’ai échappé à leur surveillance un bref instant et je suis passé de la pataugeoire à bébé à la grande profondeur de la piscine. Une autre fois j’ai sauté entre le quai et un bateau dans un port. Autant vous dire que j’ai grandi avec une bouée autour de la taille dès qu’on était à moins de 20 mètres de l’eau. Elle y est toujours, mais c’est une autre histoire. Heureusement, mon père ex-nageur de compétition universitaire a chaque fois plongé derrière moi pour me sortir de l’eau à temps. En vacances en Tunisie, à 6 ans, un rouleau m’a emporté et littéralement planté la tête dans le sable. Cette fois-là c’est mon frère qui a eu la bonne idée de tirer sur mes jambes.

    Heureusement, j’ai appris à nager vite et avec plaisir. Pas de vacances sans eau, douce ou salée, chaude ou fraîche, peu m’importe. Ça fait rire ma femme de voir le temps que je peux passer dans l’eau en vacances, que ce soit à la plage ou à la piscine. Je passe ma journée à me jeter dans les vagues. Quand je vais me coucher je sens parfois encore le mouvement de flux et reflux quand je ferme les yeux.

    J’avoue ne pas comprendre les parents qui n’aiment pas la natation au point d’aller pleurer pour des certificats de complaisance chez des médecins. Les histoires de cheveux mouillés qui rendent malade en hiver, c’est une vaste blague. On se sèche, on met un bonnet (surtout que les bonnets sont à la mode). Nager, c’est un truc qui sauve la vie, qui permet de pratiquer du sport sans se blesser, même sur blessure. J’ai souvent mal au dos avant d’aller à la piscine et plus du tout en sortant.

    Mais pour se blesser le meilleur moyen reste de faire du sport, et je ne fais pas de sport, à part courir à Bruxelles et revenir tous les jours. Hey, si une femme ou un homme au foyer peut parler de "travail" quand il ou elle reste à la maison, j’ai le droit d’appeler "sport" le fait de sortir 12 heures par jour de la maison, même si c’est en train. Malheureusement sur ces 12 heures, une bonne dizaine se passe assis devant un PC à m’encroûter pour la gagner. Mon bracelet d’activité me le rappelle souvent : moins de 10.000 pas par jour, genre 5.000 en moyenne. A part les passages au petit coin (20 pas) ou au coin café (125 pas), j’ai peu l’occasion de marcher. Ma sédentarité me fera crever, mais quand j’ai le temps je n’ai pas le courage, et quand j’ai le courage, je fais autre chose, comme de la guitare par exemple.

    Mais le samedi matin, j’ai trouvé le super plan. Une heure de piscine pour toute la famille. Tout le monde prend des cours, petits et grands. Pour nous, ça fait entre 1500 et 1700 mètres toutes nages confondues. J’adore. J’en bave parfois, mais j’adore. J’ai toujours détesté faire le parent pilier de cafétéria, bien qu’à l’heure actuelle le smartphone rende l’exercice plus supportable. Techniquement, je ne nage pas trop bien et j’ai une condition physique de panda asthmatique, mais j’adore.

    Autant courir m'a toujours gavé très rapidement, autant je peux nager des heures. Le VTT un peu technique m'amuse, mais une sortie prend tellement de temps. Mais par contre, j'ai fait 145 longueurs de 25 mètres pour la nage parrainée du club. Ma première médaille et coupe de ma vie entière. Bon, ok, il n'y avait pas de concurrence chez les adultes. Je me doutais tellement peu d'avoir gagné quelque chose que je suis parti sans ma coupe qu'on m'a remise au cours la semaine suivante. C'est dire comme j'y crois. Mais un peu fier quand même, comme la fois ou des amis ont réussi à me faire escalader le Mérinos à Freyr. Mais c'est une autre histoire. 

    #31bloggingdays

    La maison de mes rêves aurait une piscine. Pas un de ces machin en forme de rein pour jouer à s'éclabousser, un truc assez long pour faire quelques brasses avec un bord droit pour pouvoir tourner. Hey, on peut rêver, non ?

     A demain ... 

  • L’avenir aux lève-tôt, la culture à ceux qui se couchent tard. #31bloggingdays

    Il est déjà tard et il ne me reste que quelques heures pour écrire le billet du jour 9 des #31bloggingdays. Aujourd’hui, j’avais congé, une journée consacrée presque entièrement à la musique. Du coup hier j’ai fait une chose que j’adore : regarder la télé tard, très tard.

    Après un magnifique documentaire sur l’expédition ultime en Patagonie, j’ai pu découvrir le saxophone solo du charismatique Guillaume Perret. Après ça j’ai entendu un philosophe des arts de la scène parler de la théâtralité et évoquer la fugacité de l’instant unique dans la liaison entre l’acteur, l’instant, le lieu et le public. Après un documentaire sur la délinquance de la drogue dans les villes, j'ai visité deux musées en découvrant les œuvres d'artistes que je ne connaissais pas encore.. 

    Des concerts, des gens qui pensent avant de l'ouvrir, des gens qui lisent avant de parler, des gens qui parlent peu mais nous montrent la beauté du monde. Même parler de genre et de sexualité et des modèles de couples en se passant des invités aux mœurs bovines devient possible.

    On nous gave de fast-food de la pensée et de la culture toute la journée, mais les mets plus fins sont servis bien tard. Si encore le programme télé permettait de faire des recherches évoluées par genre. J'aimerais pouvoir enregistrer et me créer ma propre bulle de cinq heures à minuit. Mais passé une certaine heure il faut se contenter d’un lapidaire "documentaires" ou "magazine de société/culture". C'est d'ailleurs symptomatique et affligeant que le menu des programmes de ma box s'ouvre sur la rubrique "divertissement" où s’amoncelle pèle-mêle toute l'idiotie télévisuelle qui pèse bien lourd en heures et un poids si faible en qualités nutritionnelles pour la tête. 

    Que du gras de beauf, le sel de la vie sur les plaies des autres pour redonner du goût à nos propres vies, du sucre industriel pour nos émotions… mais ça manque des protéines intellectuelles pour se muscler les neurones et de calcium de l’esprit pour nous fera grandir un peu et des vitamines venues d’ailleurs pour nous ouvrir l’esprit.

    Outre la signalétique d’age, il faudrait imaginer une signalétique renseignant sur la quantité de gras et de sucre dans les émissions. 

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    Il faudrait une signalétique positive: culture, musique, histoire, vocabulaire, ouverture sur le monde, connaissance scientifiques, géographie, histoire ... Et veiller un peu à ce que tout le monde mange un peu plus équilibré sans devoir veiller tard.

    Pour changer, Alexandre Astier résume tellement bien les choses ... pas grand chose à ajouter, si ce n'est qu'il n'y a pas que la télé-réalité qui est concernée.

  • Entre2lignes : Le harcèlement de rue au masculin - jour 8 - #31bloggingdays

    Petit billet court pour ce jour 8 du #31bloggingdays, suite à un embryon de discussion sur Twitter.

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    Je ne compte pas vous parler de ces pauvres hommes harcelés dans la rue. Personnellement ça ne m'est jamais arrivé. Je mets ça sur le compte de mon crâne rasé et de mes 100+ kilos d'oursitude. Et la mise en place de stratégies d'évitement: je suis assez furtif finalement en rue.

    Mais à part pour les homosexuels, c'est complètement anecdotique et surtout ça ne doit pas servir d'étouffoir à la question du harcèlement des femmes en rue.

    Non, je voulais vous parler de ce que les hommes peuvent faire. Et non, il ne s'agit pas de voler au secours de ces pauvres créatures sans défense que seraient les femmes. Leur prétendue faiblesse n'est pas la cause de leurs malheurs, pas plus que leur attitude ou leur tenue. Le souci c'est que des mecs se comportent comme des vrais connards.

    Ceci dit, il m'est difficile de suggérer à tout homme de toujours intervenir en cas de harcèlement. Évidemment, en cas d’agression, il y a non assistance à personne en danger, et le harcèlement constitue une forme d'agression. On a le droit aussi d'être lâche parfois, d'éviter les discussions et les emmerdes, d'être pressé ou distrait, voire insensible aux emmerdes des autres parce que le rapport de force ne joue pas en notre faveur et qu'une intervention est plus à même de faire déraper la situation qui semble gérable.

    Là où il faut certainement intervenir, c'est en amont: en tant qu'homme, mec, mari, père, frère, cousin, ami. En évitant d'être le harceleur, le complice actif ou passif du harceleur. Si nécessaire en mettant le doigt où ça fait mal chaque fois qu'un homme franchit la limite, même pour rire. En relevant et en prenant conscience chaque fois qu'une situation est empreinte de sexisme au boulot, en famille ou dans la rue.

    Ah, c'est de l'humour, mais c'est sexiste (ou raciste) même si c'est de l'humour). Par essence une blague sexiste est sexiste, tout comme une blague raciste est raciste. Une attitude sexiste est sexiste. Et il est normal que certains riront de la partie blague, et que d'autres s'offusqueront de la partie sexiste ou raciste. Je suis un adepte du "il vaut mieux en rire que de s'en foutre" mais parfois quand ça pique, ça fait mal aussi, il faut l'assumer derrière. Savoir quand on est sexiste et connaître les limites est déjà un bon début.

    Certains trouvent amusantes les attitudes de macho des tout petits. Quand mon fils est revenu de l'école primaire en faisant des bisous sonores accompagnés de "Salut bébé !", qui avaient l'air de tant faire rigoler d'autres mamans, je lui ai quand même fait remarquer que s'il espérait séduire comme ça, il était pas rendu. 

    Je peux pas être derrière mes enfants tout le temps, forcément, mais au moins c'est dit. On fera de son petit mieux, en tant qu'exemple et en tant que mentor, comme d'habitude.

    Je suis certain qu'une phrase sur deux de mon billet est maladroite et me vaudra des coups de bâton. Le sujet est vaste et mérite discussion posée et réflexion prudente. N'hésitez pas à me harceler via les commentaires.

  • Pourquoi j'ai toujours raison … et toi tort ! jour 7 - #31bloggingdays

    Jour 7 du #31bloggingdays.

    Ah, le biais de confirmation ! Il faut toujours avoir raison, contre vents et marées. En famille, entre amis, sur le net ou au boulot, chacun cherche a appuyer son opinion préalable. Nous ne réfléchissons JAMAIS vraiment et nous ne changeons quasi JAMAIS d'avis.

    Tout est bon dans le biais de confirmation: recherche Internet d'articles triés sur le volet, amnésie ou cécité temporaire, lecture biaisée d'une information nuancée. Et si cela ne suffit pas, mauvaise foi et moisissure argumentaire sont là pour s'en servir. Au pire, on s'attaquera aux sources, on regardera le doigt au lieu de la lune et on balayera l'argument du plat de la main.

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    Pourquoi ?

    Les attentes que nous avons face à une situation influenceront notre attitude et la formulation de notre recherche d'informations. Ensuite nous interprétons les données d'une manière biaisée en les triant. Pour nous aider, notre mémoire se souviendra sélectivement des éléments en accord avec nos croyances.

    Notre cerveau a besoin de décider vite. Mécanisme de survie oblige, la plupart de nos décisions sont prises … sans y penser. Nous évaluons nos actions à posteriori, et puisque nous avons "survécu", notre cerveau se félicite de notre décision et nous rend réceptif à toute information qui renforce la décision prise. La prochaine fois, nous pourrons agir mieux et encore plus vite, sans devoir trop y réfléchir. Le but du mécanisme est de nous faire gagner du temps et de l'énergie en coupant rapidement les branches alternatives de nos raisonnements pour focaliser la puissance de notre cerveau sur l'évaluation des risques et des avantages d'un scénario unique (ce en quoi le cerveau excelle), plutôt que de comparer rationnellement les avantages de plusieurs options (ce que notre cerveau peine à faire). Nous sommes entraînés à nous baser sur nos croyances, notre intuition et notre expérience, même face à la démonstration rationnelle qu'elles sont erronées. 

    Dans un monde où nos décisions ne sont plus question de survie, ce biais reste très actif. Nous sommes aveugles et nous ne réfléchissons pas vraiment à nos opinions. Par adhésion ou opposition au modèle familial ou sociétal nous sommes simplement le produit de notre temps et de notre environnement. Parfois on se tait, par respect pour notre vis-à-vis, pour éviter la dispute ou par simple mépris - "Je ne parle plus aux cons, ça les instruit." - mais nous ne changeons pour ainsi dire jamais d'avis.

    Pire, même devant les preuves rationnelles de notre erreur nous avons encore des mécanismes de défense pour persévérer dans l'erreur:

    • l'intime conviction, qui nous fera considérer les preuves réelles comme anecdotiques par rapport à une situation imaginaire
    • l'effet de primauté irrationnelle ou effet de récence, qui fait que nous donnons plus d'importance aux premières informations reçues, même si on démontre ensuite qu'elles sont fausses, car nous avons bâti les prémisses de notre réflexion sur ces informations
    • l'illusion de corrélation qui nous conduit à élaborer des liens imaginaires pour donner un peu de vernis rationnel à une pure croyance.

    Le pire étant que le plus souvent, ces mécanismes renforcent la croyance initiale en entraînant (au sens sportif du terme) et en renforçant les mécanismes de rejet. Par exemple : si mon opinion dérange autant, c'est parce que j'ai raison - Je ne fais que dire tout haut ce que les autres pensent tout bas - les médias n'osent pas parler de cette vérité qui dérange.

    Ces mécanismes qui permettent de conforter (parfois, voire souvent, à tort) des décisions prises en accord avec des croyances, même face aux preuves contraires, donnent un excès de confiance. Dans le monde de l'entreprise, où la pression hiérarchique conduit les subalternes à ne pas remettre les décisions en questions, cet aveuglement peut conduire à des décisions désastreuses.

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    Comment lutter ?

    Et si j'avais tort, et si l'autre avait raison ? Et si au lieu de confirmer ce que je prends pour acquis, je cherchais à attaquer ma propre thèse ? Et si j'analysais tour à tour plusieurs scénarios au lieu de me focaliser sur la validation de celui qui m'arrange.

    Le débat politique ne fait pas exception. Les débats ne changent pas les opinions des électeurs, surtout dans des systèmes politiques polarisés autour de clivages entre la gauche et la droite. La bulle idéale que créent les réseaux sociaux autour de nous nous isole des opinions divergentes même si nous entretenons une illusion de diversité avec quelques amis un peu borderline.

    Votre mission à partir d'aujourd'hui: pour chacune de vos affirmations un peu péremptoires, lire au moins un article à charge sans chercher à y répondre. 

    Pas convaincu ?
    C'est le moment d'interroger vos croyances sur le sujet, … si vous avez lu mon billet jusqu'à la fin !