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  • Prendre de l'assurance pour rouler en vélo en ville ...

    Ce billet est la suite de : Mise à disposition d'un vélo électrique par la ville de Liège

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    Ce matin, douche froide au saut du lit de la part de mon assureur. J'étais plutôt optimiste, mais pour pouvoir assurer un vélo électrique, il y une série de conditions :

    • il faut une copie de la facture d'achat,
    • pour certains assureurs, il faut un (coûteux) cadenas portant la certification ART, délivré par une fondation sise au Pays-Bas (pour consulter la liste des cadenas certifiés, c'est sur le site de www.stichtingart.nl. Ce label semble encore inconnu à la maison des cyclistes que j'ai contacté par téléphone hier en fin d'après-midi,
    • il faut être propriétaire du vélo.

    Ces conditions excluent toute possibilité de m'assurer contre le vol et la casse. Evidemment, les RC et assurances d'autres usagers me couvrent bien pour les dégâts matériels et physiques. Une chute ou un accident lors d'un déplacement domicile travail seraient couverts. Mais en cas de vol, ou en cas de chute en solo (en raison d'un défaut de la chaussée), qu'en est-il ?

    Au fait, la roue avant a une attache rapide, "non mais allo quoi", c'est pourtant un basique des recommandations antivol ?? La question a été évoquée à la maison des cyclistes, mais apparemment c'est le modèle de série qui est ainsi proposé.

    A propos du vol, je vous livre une petite anecdote vécue qui date du temps de l'ancienne gare des Guillemins.

    En sortant de la gare, je vois un voiture avec une remorque garée en double file près du bâtiment de l'ancienne poste. Un escalier sur le côté est bordé d'une petite grille en fer forgé à laquelle sont attachés de nombreux vélos, genre vieux vtt un peu pourri sans accessoires, mais aussi des vélos plus récents. Un type avec une énorme pince coupe calmement les cadenas, tandis qu'un ado attrape les vélos et les jette sur la remorque. Calme, déterminé et efficace, littéralement sous le nez d'une foule qui va et vient. Je sonne à la police, pour m'entendre dire

    • de ne surtout pas m'interposer, pour ma propre sécurité
    • que le numéro de plaque ne sert à rien
    • qu'ils n'ont pas de patrouille disponible pour l'instant, malgré le joli flag que je leur offre

    J'insiste un peu et on me répond "qu'on va voir ce qu'on peut faire", je traduis "lâche-nous, merci", pendant que les voleurs prennent la rue du plan incliné pour rejoindre l’autoroute avec une dizaine de vélos.

    Tranquille, calme et déterminé ... et en toute impunité donc. 

    Bref, je ne suis ni assuré, ni rassuré ...

    Une autre piste pour mettre mon précieux deux-roues à l'abri était le parking à vélos payant, clôturé, surveillé et sécurisé, mais il est complet depuis sa création (je me demande si son usage est audité, et si il existe des "vélos-ventouses").

    Si le but du projet est de "donner de l'assurance" aux gens pour les inciter à rouler en vélo, c'est tout de même un sérieux obstacle de savoir qu'en cas de vol, je devrai payer environ 1450 € pour un vélo qui ne m'aura jamais appartenu et ne m'appartiendra jamais. Ma première pensée a été qu'il resterait plus souvent attaché dans mon garage que sur la route ou pire, attaché quelque part, malgré le cadenas balèze. On est à l'opposée de l'objectif proposé par le projet.

    Oui, je le confesse, avoir une épée de Damoclès de 1500 euro-boules au dessus de ma tête EST un obstacle à la jouissance du vélo en ville. J'étais disposé à payer une somme mensuelle de mon côté (mettons 20-30 €) pour compenser la gratuité de la mise à disposition par une sorte de "loyer pour ma tranquillité d'esprit". Mais visiblement les gens ont 1500 € à perdre à froid, ce qui n'est pas mon cas. Pour être franc, j'hésite même à rendre le vélo, malgré mon intérêt pour le projet en général et le vélo en ville en particulier. 

    Certes, sans doute que pas mal de monde dispose de possibilités pour mettre un vélo en sécurité ou semi-sécurité sur son lieu de travail. Dans mon cas, qui implique un déplacement domicile-gare de quelques kilomètres, avant de prendre le train pour Bruxelles, je dois laisser le vélo la journée à la gare.

    A froid, il me semble que le pliant non-électrique semble la meilleure option dans ce cas de figure, puisqu'il peut être emporté dans le train puis casé au bureau, même dans les étages sans susciter de commentaires (surtout dans un Service public fédéral de ... l'environnement), mais du coup pas d'assistance électrique pour sortir de la vallée réservée aux voitures (la plupart des aménagements pour vélos ne se prolongent pas au delà de la place général Leman).

    A suivre ...