bifle

  • Mon Avis sur tout: faire un enfant, c'est bifler le hasard !

    donotdisturb.2.jpgQuestion intéressante sur Twitter: Dites les gens qui faites des gosses, vous faites comment pour garder espoir pour leur avenir ?

    Tout d'abord, quoi qu'il arrivera, ce monde aura un avenir. Même un big bang inversé engloutissant l'univers dans un trou noir serait une forme avenir pour "le monde".

    La contrepartie de la vie est la mort, l'essence même de l'existence détermine qu'elle finit par cesser. Nous sommes un effort anecdotique sur le néant, une rupture temporaire du chaos. Sur une échelle de temps choisie correctement, la probabilité de disparaître est égale à 1. Nous n'avons pas de futur, la question ne se pose pas. Mais il existe le présent de demain, sur lequel nous avons une influence, parfois malgré nous.

    Que la terre ou l'homme (je ne précise pas "et la femme", faites pas semblant de ne pas m'avoir compris, les deux féministes réacs du fond) aient un avenir est une autre question, pour laquelle la philosophie et la religion ont des éléments de réponse basés sur leurs questionnements particuliers. La réponse pouvant être un absence d'avenir et l'obligation d'exister dans le temps présent ce qui n'est pas incompatible avec le fait d'avoir des enfants qui peupleront le temps présent de demain.

    Avant toute chose, il est en nous de nous reproduire, nous sommes le produit d'une longue évolution biochimique qui est portée par nos gènes et par chacune des molécules qui nous composent. C'est une bien lourde responsabilité, finalement assez présomptueuse, teintée d'arrogance, que d'interrompre cette chaîne peu importe soit la raison. Nous sommes le véhicule entre le passé et le futur d'une évolution.

    On est évidemment obligé de concéder qu'il est peut être dans la nature de certains de ne pas se reproduire, pour des raisons physiologiques, voire psychologiques. Que ceci revête au final la forme d'un discours rationnel pour vaincre une dissonance cognitive, pourquoi pas ?

    Pour le reste, que ce monde soit "merdique" est un jugement de valeur un peu péremptoire. Qu'en penserait un mineur du 18è siècle souriant à son enfant, un forçat, un bagnard, un esclave dansant et chantant le dimanche, un noble souffrant de la goutte, un militaire vaincu, un prisonnier maya ayant l'honneur d'être promis au sacrifice ?

    C'était mieux avant, ce sera pire demain, une vision du monde qui a existé de tout temps et que rien ne démontre.

    Même dans notre monde merdique, certains mangent à leur faim, ont un toit au-dessus de leur tête, du chauffage, de l'argent et/ou du travail. L'éducation et les soins de santé sont accessibles à tous, même si pour certains l'effort pour s'en saisir est plus grand, parfois trop grand. 

    Cette vision pessimiste du futur est assez cohérente avec ce monde qui nous nourrit et que nous ne nourrissons pas. Nous sommes devenus les mendiants de notre propre existence. Le monde ne saura pas s'occuper de mes enfants, autant ne pas en faire. Pourtant, l'espoir, le plaisir, le bonheur doivent être en nous, personne ne peut nous les donner ou pire, nous les vendre. Voir grandir les enfants est à son tour source de joie, de bonheur, de plaisir, mais aussi de leur contreparties que sont la peine, la peur, l'angoisse.

    Avoir des enfant reste un choix, c'est vrai, mais le monde n'y est pour rien.

    Il s'agit de prendre les rênes de notre vie, de nourrir le monde, de générer de la plus-value (je ne parle pas d'argent, la plus-value sera humaine, artistique, philosophique). Si le monde est injuste, à nous de le peupler de gens juste. Si ne se reproduisent que les gens qui s'en foutent, ceux qui profitent, les malhonnêtes. Si seuls les cons font des enfants ...

    D'ailleurs, "faire un enfant", cette expression ne rime à rien, on ne manufacture rien, il se fait, nous ne faisons que bifler le hasard ...

    Le vrai défi, le seul,  n'est pas de "faire un enfant", c'est de "faire un adulte" avec, malgré ou contre le monde dans lequel il vivra.