bouquin

  • Amélie Nothomb et le plombier homosexuel

    0225290_s.jpgCette histoire de plombier homosexuel remonte à mon adolescence. J'entendais une dame se plaindre (dans les travées du "GB") d'avoir dû changer de plombier, un excellent plombier par ailleurs, parce qu'elle avait eu vent de son homosexualité.

    Je m'étais dit alors que "peu m'importe que mon plombier soit homo (ou divorcé, ou que-sais-je-encore), du moment qu'il fasse du bon boulot". Après tout seul le résultat compte.

    Quel rapport avec Amelie Nothomb ? Patience, on y vient.

    En général, fidèle à ce credo d'ado, j'ai réussi a faire abstraction de la personne pour m'intéresser au produit. Amélie Nothomb fait exception. Je n'ai jamais vraiment réussi à effacer l'image du personnage fantasque, adulé ou abhorré et légèrement insupportable. Vu qu'il y a tant à lire et si peu de temps, j'ai toujours passé mon chemin.

    Voilà qu'elle se fait étriller par une critique française, et certains amis des lettres montent au créneau pour prendre sa défense. Du sang, des boyaux, de la rate et pas mal de cerveaux, me voilà intrigué. Il ne me reste plus d'autre choix que de lire un de ses romans. Et puisqu'on évoque une baisse de qualité indigne depuis les premiers romans, il faudrait en lire deux. Pour pouvoir comparer. ("Bonne idée !" disait Jacques Mercier sur Twitter).

    Vouloir toujours se forger sa propre opinion, quel réflexe salutaire - me flattai-je, in peto.

    Ne rien recevoir pour acquis. Lutter contre le confort de se conformer. Ceux qui encensaient Amélie Nothomb, une coupette à la main, après avoir parcouru une critique de 25 lignes doivent être les mêmes à la traîner dans la boue, pendant qu'ils glissent un autre nacho dans la guacamole qui leur sert de cerveau.

    Oh, sans doute que la critique est fondée. Qui peut prétendre avoir une production égale, toujours constante en qualité. Mais combien vont re-bêler au lieu de se faire leur avis.

    Se faire sa propre idée, sans doute maladroite, bancale, boiteuse, peu ou mal informée reste le meilleur moyen d'être prêt à en changer.

    C'est mon opinion, j'en change si je veux. Si vous n'aimez pas mes opinions, j'en ai d'autres. Car débattre, remettre en cause, penser, adhérer, user de notre capacité d'analyse et de réflexion à l'échelle de notre petit univers personnelle est peut-être l'essence de notre humanité .

    Rien à foutre de "La" culture, ce qui compte c'est de me cultiver au sens le plus agraire du terme. Labourer, planter, arroser d'idées neuves, faire tourner des semailles différentes.

    Et changer d'avis encore, ... et encore.