brutalite

  • Travaux pratiques: l'éducation des enfants

    GenericAppsLa scène: un hôpital liégeois.

    La mère suivie de ses 3 enfants arrive dans la salle d'attente. Elle porte les vestes et écharpes des enfants (il fait 30°C).

    Tout à coup, au moment de s'assoir, elle s'emporte:

    "J'EN AI PLEIN LE CUL DE PORTER TOUT !" et elle balance les vêtements à la tête de leurs propriétaires respectifs. La plus jeune prend une tirette dans la figure.

    Mi-offusquée, mi-apeurée elle hasarde un (timide): "pas besoin de me lancer".

    La mère crie: "COMMENT QUE TU ME CAUSES ? COMMENT QUE TU ME CAUSES ? SI TU ME PARLES ENCORE COMME CA JE T'ARRACHE LA LANGUE" et pince (fort) la joue de la gamine (qui ne pleure pas, résultat d'une longue habitude).

    J'avoue, j'étais un peu sonné. J'imaginais la même scène dans une famille "normale" (en espérant que ce genre d'attitudes ne soit pas la norme).

    "Les enfants, prenez vos manteaux, maman n'est pas un porte-manteau !" - et voila.

    On dit souvent que l'éducation est trop laxiste, mais la sévérité (voire la brutalité) sans queue ni tête n'est guère mieux.

    D'autre part, j'ai relevé une série d'erreurs basiques:

    - on ne hausse pas le ton brutalement, si ce n'est pour stopper une action présentant un danger immédiat. Cette mesure permet de garder les coups de gueule pour les grandes occasions. Sinon, en cas d'urgence, de danger immédiat ou de TRÈS TRÈS grosse bêtise, on part déjà désarmé;

    - on procède graduellement et en adéquation avec la situation;

    - on reste poli (sinon, comment éviter que les enfants ne disent des grossièretés ?) (On peut proposer des alternatives aux enfants: "maladroit" <> "gros con"; "grosse brute" <> "enculé"; "Chut" <> "Ta gueule", etc.);

    - on ne pose pas de gestes violents 'lancer, pincer, frapper', parce qu'un jour, Kyllian fera ses 110 kilos et fera ce à quoi on l'a habitué mais avec les autres, les vieux ... vous... surtout vous;

    - on évalue la nature de la réponse avant de décider que l'enfant a le droit de répondre ou pas, et on évalue la forme ET le fond. L'injustice flagrante sanctionnée par l'ordre de "fermer sa gueule" est un cocktail explosif. La petite était en droit de faire remarquer (poliment d'ailleurs) qu'elle n'avait rien fait et que sa mère avait tort de la (mal)traiter de la sorte.

    La menace était doublement inappropriée:

    - ne pas menacer de brutalités (arracher la langue), la fessée est toujours en balance pour certains, mais arracher la langue, ou pourquoi pas crever un œil, c'est d'une méchanceté inouïe de la part d'une mère envers son enfant, surtout pour des broutilles;

    - ne pas menacer de choses irréalisables (à quoi bon dire "tu ne partiras pas en vacances avec nous", si de toute manière ce n'est pas possible de faire autrement). On n'obtient aucun respect et aucune crédibilité en agissant ainsi et tout devient une menace en l'air.

    C'est un peu par boutade que j'ai mis ceci en "travaux pratiques", je n'ai de leçons à donner à personne. Mais visiblement, il y a des gens qui font des enfants parce que la SPA ne veut plus leur confier de chien.