chance

  • Travaux pratiques de photographie: fabrication d'un coup de chance

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    "Quel coup de chance ... !" 

    Comme le faisait remarquer, à contrecœur, Christian Ramade dans le dernier Réponse photo, dans l'esprit de beaucoup de monde, la photographie se résume à guetter le hasard. Pire, avec le numérique, on mitraille jusqu'à obtenir beaucoup de déchet, l'une ou l'autre photo décente, puis l'un ou l'autre cliché qui dépasse du lot. 

    Pour que le "coup de chance" ci-dessus arrive, il a pourtant fallu:

    - que je munisse mon appareil d'un objectif adapté à ce type d'évènements: le Zuiko Digital ED 40–150mm F4.0–5.6 (en estimant qu'avec la luminosité ambiante, son ouverture à f4 ne constituerait pas un handicap)

    - que je prenne beaucoup de photos et que je connaisse suffisamment la technique de la photo, et mon matériel, que celui-ci soit fonctionnel et en bon état

    - que je prenne en compte la lumière ambiante en réglant la sensibilité, et que je prenne quelques photos pour sentir la lumière et la profondeur de champ

    - que cette image (ce cliché pas très original, avouons-le) existe dans mon "catalogue interne" pour que je visualise cette possibilité de mise en scène, ce qui a nécessité de regarder et de lire de nombreuses images

    - que je possède quelques notions de cadrage pour mettre le fauconnier au "bon" endroit (en zoomant à 123 mm) dans le cadre, en attendant que le faucon arrive

    - que je referme légèrement le diaphragme pour que la tranche de netteté soit suffisante tout en détachant le sujet du fond

    - que je décide qu'une vitesse de 1/500 de seconde est suffisante pour figer le mouvement de l'oiseau, sans stériliser la scène

    - que je fasse la mesure de la mise au point en mode spot sur le fauconnier, avant de décadrer

    - que je mesure également la lumière sur la chemise du fauconnier pour obtenir une exposition bien balancée

    - que je perçoive l'espace hors-cadre pour sentir quand l'oiseau serait là, tout en connaissant bien mon appareil pour savoir anticiper mon déclenchement, en restant l'œil collé au viseur

    - que je bénéficie de cette expérience, de cette préparation et de ces connaissances sur le temps qu'a mis l'oiseau pour descendre de son perchoir

    - que j'importe et que je trie 376 photos pour en garder 54 en étant conscient que raconter, sur Internet, une balade dans un parc animalier n'est pas la même démarche que sélectionner une seule photo "exceptionnelle" pour l'exposer

    - que je décide de ne pas recadrer ou retoucher cette image (elle pourraît être recadrée pour ne conserver que la main et l'oiseau en restant lisible, les couleurs de l'oiseau et de la main gantée étant agréablement proches)

    - que je mette le tout au format du blog pour le publier

    Le hasard ?

    ... quel hasard ?

    Mon seul regret est que le fauconnier ai fait un pas en arrière, ce qui a amené sa tête devant le panneau ... là, sur le coup, je n'ai pas eu de chance.