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  • Pourquoi j'ai cette écriture de fille … - jour 20 - #31bloggingdays

    On me dit parfois que j'ai une belle écriture. Je dirais "pas trop laide". Parfois on la confond avec une écriture féminine. Le jour où j'ai perdu un de mes carnets de notes lors d'une réunion, on a cherché désespérément à quelle nana du service il pouvait appartenir.

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    Avant toute chose, laissez moi ré-insister sur le fait que la graphologie c'est du pipeau. Les utilisateurs et les clients sont victimes de l'erreur de validation personnelle, dit aussi effet "Barnum" ou "Forer". Nous sommes tous volontiers victimes de cette illusion, car les analyses de personnalités sont construites à partir de propositions génériques. Notre besoin de conforter une certaine image de nous nous y pousse, couplée à la lecture sélective et aux biais de narrations et de corroboration. En ce qui me concerne, il n'y a pas débat. A moins de considérer que disserter sur des platitudes puisse être édifiant.

    Tout a fort mal commencé. A l'école primaire mon institutrice avait décrété que les médecins écrivaient mal. Et donc, par la mystérieuse logique de la génétique, son fils également. C'est ce qu'on appelle de nos jours une prophétie autoréalisatrice. Je me souviens d'avoir été giflé plus d'une fois en raison de ma piètre écriture. J'ai également perdu un nombre incalculable de points pour le "soin !" ou la prétendue illisibilité de ma plume. Ce fut un enfer. 

    Bic.jpgIl y avait peut-être une part de vrai dans tout ça, mais rien qui me semble avoir mérité un tel acharnement. Il faudrait que je retrouve un exemplaire de mon écriture d'enfant pour m'en assurer. 

    Une panne de stylo, l'encre qui tache le papier, un taille-crayon qui peinait à définir une pointe bien affûtée pour me donner un trait sec et ferme et l'humiliation publique devant la classe était au menu. 

    N'aimant rien de mieux que la paix et la tranquillité, j'ai décidé que l'obstacle devait être vaincu. J'ai réétudié et redéfini à ma sauce le tracé de mes lettres cursives. Vers la fin de mes primaires, j'ai cherché une forme belle et surtout efficace pour lier les lettres entre elles, j'ai commencé à écrire des phrases ridicules comme "Wolfgang Amadeus Mozart composa cette belle symphonie". Et puisque les filles étaient naturellement (et parfois injustement) encensées pour leur belle écriture, c'est vers elle que j'ai lorgné pour puiser l'inspiration. Certaines majuscules peu pratiques ont dérivé vers leur forme imprimée, d'autres sont restées cursives. Je cherchais une forme ne suscitant pas de commentaires.

    Cela tenait plus de l'exercice de dessin que de l'écriture. Le but était d'optimiser le dessin des lettres pour avoir un trait élégant et rapide à la plume comme au crayon. 

    Ma fascination pour les outils d'écriture et la papeterie me vient sans doute de là. J'aime les supports et les écritoires précis et fiables. Un papier lisse au grammage fort, un porte-mine sculpté comme un bistouri.

    Evidemment, les études et la prise de notes au kilomètre puis le travail au clavier ont abîmé mon écriture. Je regrette parfois d'écrire si peu à la main, car j'aime toujours tracer des lettres, dessiner des mots.

  • Pour le retour au vote papier, avec son gros crayon rouge !

    Je vote pour (!) le retour au vote papier avec son gros crayon rouge. Ça mettait un peu de poésie dans notre obligation de vote.

    On pouvait amoureusement colorier la case de son candidat préféré en petits traits réguliers, en traçant le contour puis en hachurant le centre.

    Ou alors rageusement zébrer la case de petits traits.

    Remplir la case, un peu negligeamment, crayonner lentement pour bien marquer qu'on vote du bout des lèvres.

    Pousser fort avec conviction ou tracer qqs traits légers avec une pointe de scepticisme.

    Le tout dans le silence feutré de l'isoloir avec une ride de concentration au front, en s'appliquant, sans dépasser ou raturer la feuille pour ne pas invalider son bulletin.