david lachapelle

  • Photo : rétrospective David Lachapelle

    À la Monnaie de Paris, j’ai visité une rétrospective de l’œuvre photographique de David Lachapelle. Coup de chance, en arrivant, la file était très courte (une chance qu’on mesure en sortant quand la file se prolonge loin dans la cour, jusque sur le trottoir).

    David Lachapelle est né en 1963 dans le Connecticut, aux États-Unis. C’est un photographe et réalisateur connu dans les domaines de la mode, de la publicité et de la photographie d'art. Son œuvre, empreinte de surréalisme et d'humour,  est influencée par la pornographie.

    Ses publications contiennent de nombreux portraits de vedettes américaines, telles que Marilyn Manson, Drew Barrymore, Uma Thurman, Leonardo DiCaprio, Pamela Anderson, Naomi Campbell, Angelina Jolie ou celle qu'il présente comme sa muse, la transsexuelle Amanda Lepore.

    La promotion faite autour de la rétrospective met en avant le côté people, glamour et provocant, au point que le Monde va même jusqu’à reprocher à l’exposition de tromper le chaland sur la marchandise, puisqu’on retrouve également (et heureusement !) d’autres séries que les portraits des stars. 

    Différentes séries dans le travail de l’auteur sont exposées.

    Jesus is my Homeboy -– Jésus est mon voisin

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    Auguries of Innocence -– Présages d’innocence

    Deluge - Déluge

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    Awakened - Éveillés (ma préférée)

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    What will you wear when you die - que porterez vous le jour de votre mort

    Star system

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    Recollections in America –- Souvenirs d’Amerique (il insère des personnages ivres et des armes dans des photos de famille achetées en seconde main. Il donne une nouvelle lecture déstabilisante de l'image).

    Pour ma part, j'’ai regretté que la boutique mette également autant en avant les photos people et moins les autres séries. Pour obtenir les autres images, il faut acheter le gros catalogue de l’'exposition. Difficile d’'obtenir d’autres posters que les portraits de Stars.

    Les autres séries montrent pourtant une ironie et un regard critique sur la société et ses icônes, tant populaires que religieuses. Cette ironie transparait dans le kitsch et la provocation affirmée comme moyen d’expression et de distanciation avec le sujet pour ouvrir une réflexion plus profonde.

    Certains commentaires font sourire, je cite Wikipedia :

    [outre l'acculturation dont ces images font quasi systématiquement la démonstration (citations du Pop Art, vagues emprunts à l'évangile ...)…]

    Montrer le Déluge, la dernière Cène, ou une descente de croix ne sont pas de vagues emprunts, mais des citations ! Les artistes de la renaissance ne mettaient-ils pas en scène les récits bibliques avec les costumes et les décors (naturels ou architecturaux) de leur époque avec un aperçu du savoir-faire de l'’artisanat et de l’'architecture, et même la présence de mécènes, stars de l'époque ?

    [… ses photos apparaissent aujourd'hui comme les vestiges d'une époque désormais révolue : celle des années 90 dans ce qu'elles avaient de vaguement arrogant et profondément irresponsable et puéril. On peut donc parler ici d'un photographe (sinon d'un auteur) dont le travail est largement dépassé par l'Histoire.]

    Forcément, une œuvre est datée. Comme le disait JC Bechet dans un Réponse Photo : « une création s’inscrit dans son époque, par adhésion ou contestation ». D’ailleurs Lachapelle lui-même reconnait être passé à autre chose après un tournage avec Madonna. Il s’est rendu compte que tout était dit en ce qui concerne la partie « Star System » de son œuvre et est passé à autre chose.