plume

  • L'envie d'écrire - jour 30 - #31bloggingdays

    Voilà, avant-dernier billet de cet étrange calendrier de l’Avent des #31bloggingdays. Le challenge était d’écrire un billet par jour chaque jour du mois de décembre. J’aime les défis, et j’ai presque réussi à relever celui-ci. J’ai échoué deux fois, les jours où je n’étais pas chez moi. J’aurais dû programmer un billet la veille, mais c’est de la triche.

    Ça m’a rappelé de bons souvenirs, de l’époque où après avoir rencontré quelques blogueurs et participé à quelques modestes actions "blog" le Vif m’avait classé 33e sur les 100 blogueurs les plus "influents" de Belgique. Un classement bien vain, dont les critères me paraissaient fumeux. Mais j’avoue avoir été flatté. Ensuite les people et les politiciens ont débarqué sur "notre" Internet, avec beaucoup de popularité et très peu de contenu, la visibilité est devenue payante, et j’ai disparu des écrans radars. Et le lent déclin des blogs m’a emporté avec les autres.

    Mais cela me plaisait, de parler de tout et de rien, librement. J'en ai même profité pour toiletter un peu ce blog, comme on rangerait un coin de son grenier. J’ai relu quelques vieux billets et revu des vieilles photos. Il y a à boire et à manger, du bon et du moins bon évidemment, je ne suis ni écrivain, ni philosophe et encore moins blogueuse mode ou lifestyle. Je n’ai jamais rêvé de devenir une vraie plume, je sais que le bel écrivain devant sa machine à écrire, pipe au bec est un mythe.

    Mais j’ai fini par avoir la chance d'écrire une courte biographie pour un artiste, et j’en suis un peu fier.

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    J’aurais sans doute aimé être lu pendant ces 31 jours. Je l'ai sans doute été, mais je n'en sais rien. J'ai écrit longtemps sans guetter le trop rare commentaire. Je continue à le faire. On s'habitue aux réactions à la façon de Facebook ou de Twitter. C'est même addictif. Mais pour tout vous avouer, ça m’a fait du bien d’écrire. Simplement écrire. On finit par écrire un peu pour les autres, en guettant les réactions, en les provoquant parfois. Sur mon blog je me suis repris à penser un peu plus ce que j’écris. Je me suis senti bien plus libre. D’autant que mon blog a un titre sans équivoque : Remue-Méninges & Remue-Ménages. Il s’agit de brainstormer sur des sujets qui me passent par la tête et de raconter ce qui se passe dans et autour de ma vie. Mais l’absence de l’immédiateté et de la concision si chère à Twitter et Facebook permet d’aller au-delà de la punchline dans la réflexion, d’ajuster un argumentaire, de soupeser plus longuement une conclusion. Et puis on croise beaucoup moins d'abrutis quand on est seul (un et un seul, tout au plus).

    Évidemment le rythme un peu fou d’un billet par jour n’est pas tenable. J’ai quelquefois été à la limite de la scène de ménage, quand je ne faisais "rien" devant mon ordi au lieu de me rendre utile dans la maison. Je me souviens m’être imposé le rythme plus réaliste d’un billet par semaine minimum, trois maximum quand je bloguais régulièrement. L'exercice reste intéressant, ça aiguise la plume et le cerveau.

    Ce qui a toujours manqué à ce blog, outre un design supportable, c’est une cohérence, un objet défini, une ligne éditoriale claire. Des choses que j’ai pu développer sur mon site/blog spécialisé consacré à la guitare acoustique.

    Je pense vaguement à refaire un blog, pour donner de l’air à mon envie d’écrire. Pour parfois m'échapper de Twitter et de Facebook qui m’imposent un format. Mais ce serait sur une autre plateforme, sans publicité, avec un graphisme mieux contrôlé. À mon rythme.

    Ou alors je vais continuer à passer ici de temps en temps, poser quelques pierres de mon sac à dos pour voyager plus léger. Ce sera notre petit coin secret à nous.

  • Pourquoi j'ai cette écriture de fille … - jour 20 - #31bloggingdays

    On me dit parfois que j'ai une belle écriture. Je dirais "pas trop laide". Parfois on la confond avec une écriture féminine. Le jour où j'ai perdu un de mes carnets de notes lors d'une réunion, on a cherché désespérément à quelle nana du service il pouvait appartenir.

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    Avant toute chose, laissez moi ré-insister sur le fait que la graphologie c'est du pipeau. Les utilisateurs et les clients sont victimes de l'erreur de validation personnelle, dit aussi effet "Barnum" ou "Forer". Nous sommes tous volontiers victimes de cette illusion, car les analyses de personnalités sont construites à partir de propositions génériques. Notre besoin de conforter une certaine image de nous nous y pousse, couplée à la lecture sélective et aux biais de narrations et de corroboration. En ce qui me concerne, il n'y a pas débat. A moins de considérer que disserter sur des platitudes puisse être édifiant.

    Tout a fort mal commencé. A l'école primaire mon institutrice avait décrété que les médecins écrivaient mal. Et donc, par la mystérieuse logique de la génétique, son fils également. C'est ce qu'on appelle de nos jours une prophétie autoréalisatrice. Je me souviens d'avoir été giflé plus d'une fois en raison de ma piètre écriture. J'ai également perdu un nombre incalculable de points pour le "soin !" ou la prétendue illisibilité de ma plume. Ce fut un enfer. 

    Bic.jpgIl y avait peut-être une part de vrai dans tout ça, mais rien qui me semble avoir mérité un tel acharnement. Il faudrait que je retrouve un exemplaire de mon écriture d'enfant pour m'en assurer. 

    Une panne de stylo, l'encre qui tache le papier, un taille-crayon qui peinait à définir une pointe bien affûtée pour me donner un trait sec et ferme et l'humiliation publique devant la classe était au menu. 

    N'aimant rien de mieux que la paix et la tranquillité, j'ai décidé que l'obstacle devait être vaincu. J'ai réétudié et redéfini à ma sauce le tracé de mes lettres cursives. Vers la fin de mes primaires, j'ai cherché une forme belle et surtout efficace pour lier les lettres entre elles, j'ai commencé à écrire des phrases ridicules comme "Wolfgang Amadeus Mozart composa cette belle symphonie". Et puisque les filles étaient naturellement (et parfois injustement) encensées pour leur belle écriture, c'est vers elle que j'ai lorgné pour puiser l'inspiration. Certaines majuscules peu pratiques ont dérivé vers leur forme imprimée, d'autres sont restées cursives. Je cherchais une forme ne suscitant pas de commentaires.

    Cela tenait plus de l'exercice de dessin que de l'écriture. Le but était d'optimiser le dessin des lettres pour avoir un trait élégant et rapide à la plume comme au crayon. 

    Ma fascination pour les outils d'écriture et la papeterie me vient sans doute de là. J'aime les supports et les écritoires précis et fiables. Un papier lisse au grammage fort, un porte-mine sculpté comme un bistouri.

    Evidemment, les études et la prise de notes au kilomètre puis le travail au clavier ont abîmé mon écriture. Je regrette parfois d'écrire si peu à la main, car j'aime toujours tracer des lettres, dessiner des mots.